mardi 10 janvier 2017

EPHESIENS 3

V 1 à 13 : le mystère caché est dévoilé

Fort de la révélation qu’il a eue du dessein de Dieu dont l’Eglise est le centre, Paul reçut de Dieu la charge d’un ministère entièrement orienté vers les non-juifs. « Celui, dira-t-il, qui a fait de Pierre, l’apôtre des circoncis, a aussi fait de moi l’apôtre des païens (Galates 2,8). » Si beaucoup parmi ses destinataires connaissait l’apôtre, celui-ci était conscient que ce n’était pas le cas de tous. Or, Paul sait que l’autorité d’un enseignement tient à une seule chose : le mandat que Dieu donne à celui qu’Il charge de le délivrer. Aussi ouvre-t-il ici, depuis la prison d’où il écrit, une parenthèse pour expliquer de quelle manière le message dont il est le porteur au sujet de l’Eglise et le ministère qu’il exerce dans ce but lui sont venus.

Ce n’est pas, dit-il, de lui-même que Paul a compris ce qui touche au dessein de Dieu pour l’Eglise. La compréhension de ce projet, qui a sa source dans l’éternité passée et a pour objet l’éternité future, dépasse l’entendement humain. C’est, dit Paul, par révélation que ce mystère jusque-là caché en Dieu a été porté à sa connaissance. Si l’apôtre fait preuve d’une intelligence exceptionnelle au sujet de ce qu’il désigne comme le cœur même de l’intention de Dieu pour Sa création, cela n’est en rien dû, il le sait, à ses facultés. Seul l’Esprit de Dieu nous permet d’avoir accès aux profondeurs de la pensée de Dieu (1 Corinthiens 2,12 à 16). Aussi, la révélation est-elle son mode opératoire habituel, le seul qui, dans le domaine spirituel, nous fait passer de l’ignorance à la connaissance (Matthieu 11,27 ; 16,17 ; Jean 16,13 ; 1 Corinthiens 2,10 ; Ephésiens 1,17).

Or, dit Paul, la révélation n’est pas parvenue aux fils des hommes dans sa totalité d’un seul coup. Ce n’est, depuis la chute de nos premiers parents, que petit à petit que celle-ci leur a été donnée, idée à laquelle souscrit entièrement l’apôtre Pierre. « Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies.  Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Evangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards (1 Pierre 1,10-12).» Tel le sentier des justes, la lumière de la révélation resplendit dans un éclat croissant jusqu’à sa pleine clarté (Proverbes 4,18). Le Christ paru, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Paul revendique une intelligence du mystère de la volonté de Dieu supérieure à celle qu’avaient ceux à qui Il s’est révélé avant Sa venue.

Quel est le cœur de ce mystère ? Si Paul en parle de long en large, il n’est pas le premier à l’alléguer. La perception des prophètes, au sujet de la dimension mondiale de l’influence du Christ, en témoignait déjà (Esaïe 42,6 ; 49,6). Jésus en a évoqué aussi clairement la teneur devant Ses disciples (Jean 10,16), ou au jour où des Grecs cherchèrent à Le voir (Jean 12,20 à 24). Ce mystère, c’est qu’en Lui, l’exclusivité juive de l’appartenance à l’héritage des promesses de Dieu n’existe plus. En Christ, Juifs et non-Juifs, sont un même corps et sont au bénéfice de la même espérance. Telle est, dit Paul, la bonne nouvelle dont, par la grâce de Dieu, il a reçu l’intendance pour le monde.

Or, dit Paul, s’il y a un Juif qui soit en mesure d’apprécier pleinement la grâce qui est au cœur du mystère du dessein éternel de Dieu, c’est bien lui. Paul sait, en effet, de par son expérience, ce que cela signifie, comme les païens, d’être indigne de Dieu. N’a-t-il pas lui-même été un opposant farouche du Christ (Actes 9,3 à 5) ? N’a-t-il pas contribué à la persécution des chrétiens (Actes 22,9) ? Si Paul est apôtre, il ne le doit, il le sait, qu’à la seule grâce de Dieu. Non seulement, il ne fait pas partie du groupe des douze choisis par Jésus, mais il a lui-même persécuté l’Eglise de Dieu, dont il est maintenant l’ardent serviteur (1 Corinthiens 15,7 à 10). En accord avec le ministère qu’Il lui a confié, celui d’être l’intendant de la grâce de Dieu auprès des païens, Dieu a choisi Paul comme instrument pour en illustrer le principe. Lui, qui était auparavant un blasphémateur insolent, ne doit qu’à la compassion de Dieu d’avoir été institué dans le ministère. La grâce de Dieu a surabondé pour lui avec la foi et l’amour qui est en Jésus-Christ. Paul en a été l’objet afin que, par lui, soit donné l’exemple de la patience de Dieu pour tous ceux qui croiraient. Désormais les païens peuvent en avoir la certitude : Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs qu’ils sont. La preuve leur en est fournie par Paul : il est, non seulement le moindre de tous les saints, mais, estime-t-il, le premier d’entre eux (cf 1 Timothée 1,12 à 16).

Pour être crue, rappelle Paul ici, la grâce a besoin d’être vue. Les richesses insondables du Christ sont la source du salut de tous, Juifs comme païens. Elles restent cependant un concept sans effet tant que démonstration n’est pas faite de leur efficacité rédemptrice dans des vies. Les ouvriers que Dieu choisit pour être les promoteurs de la grâce ne sont pas juste des porte-parole d’un message. Ils en sont aussi l’incarnation par leurs vies et leur parcours. Cette raison justifie que ce soit à Paul, l’Hébreu né d’Hébreux, le pharisien scrupuleux, le persécuteur farouche de l’Eglise (Philippiens 3,4 à 6), que le Christ ait donné la grâce pour tous, Juifs et païens, de mettre en lumière la réalisation du mystère caché de tout temps en Dieu. Si l’objet de celle-ci, révèle Paul, a une portée terrestre immédiate pour tous les peuples, elle en possède un autre qui le dépasse largement. Par l’Eglise, la sagesse infiniment variée de Dieu est désormais mise à la connaissance de toutes les principautés et autorités spirituelles. Avant que l’Eglise ne soit, la diversité qui faisait la beauté et la richesse de la Personne de Dieu n’était connue que de Lui-même. Par elle désormais, celles-ci seront magnifiées à la vue de toutes les puissances, comme au travers d’un kaléidoscope dont chaque élu sera l’une des brillances.

Si tel est le projet éternel de Dieu, Paul suggère à ses destinataires deux choses. La première consiste à ne pas avoir de crainte d’être rejeté par Dieu. Qui qu’il soit, tout pécheur peut s’approcher avec confiance de Dieu. Sa grâce est si étendue, le sang de Christ si efficace, qu’Il peut accueillir chacun sans discrimination. La seconde les stimule à ne pas se décourager. Les détresses, les privations, les persécutions, l’emprisonnement que Paul endure n’ont pas valeur d’échec. Elles sont, au contraire, pour l’avenir les titres de gloire des batailles menées et remportées par l’apôtre pour le salut des païens.

V 14 à 19 : prière de Paul

Pour la seconde fois, Paul fait part aux destinataires de sa lettre de la prière qu’il fait monter à Dieu pour eux. Dans sa première prière, Paul demandait à Dieu qu’Il donne un esprit de sagesse et de révélation et qu’Il illumine le cœur des chrétiens pour qu’ils sachent ce qu’ils ont en Christ (Ephésiens 1,15 à 19). Paul sait que la meilleure théologie reste lettre morte pour les enfants de Dieu si elle ne s’accompagne pas de la révélation que communique l’Esprit. La seconde prière de Paul conclut le développement de sa pensée qui fait l’objet des chapitres 2 et 3 de sa lettre. Paul est passé de ce que les chrétiens ont en Christ à la révélation du mystère caché de tout temps en Dieu, mystère qui se réalise par l’Eglise. La prière de Paul exprime le souhait qui est le sien devant Dieu pour les chrétiens à la lumière de ce qu’il vient de leur dire. Une fois de plus, Paul applique la même règle. Si l’enseignement est primordial, Paul sait qu’il ne suffit pas. Pour que les chrétiens s’approprient les vérités qu’ils entendent, il faut que celui-ci s’accompagne de la prière. La prière de l’enseignant est le cri qu’il adresse à Dieu pour que ce que l’Esprit lui a révélé le soit aussi à ceux à qui il le partage.

Comme ce fut le cas de la première prière, le titre que Paul donne à Dieu ici épouse le cœur de l’enseignement qui la précède. Dans sa première prière, Paul prie le Père du Seigneur Jésus-Christ. Puisque les chrétiens ont tout en Christ, c’est à Son Père qu’il s’adresse pour qu’Il éclaire Ses enfants sur les richesses qui sont les leurs dans Sa grâce. Sa seconde prière débute par un autre intitulé. Paul s’adresse ici, non plus au Père du Seigneur Jésus-Christ, mais au Père de qui toute famille tire son nom dans les cieux comme sur la terre. La prière de Paul découle elle aussi de l’enseignement qu’il vient de donner. Centré sur l’Eglise, celui-ci insisté sur le fait que, en Christ, Dieu n’est plus le Dieu des Juifs seulement. Par le sang du Christ, les païens sont devenus aussi proches de Lui que les Juifs. Tous peuvent désormais accéder au statut de fils et filles de Dieu, concitoyens du royaume, sujets de l’alliance et bénéficiaires des promesses de salut. L’intitulé du nom que Paul donne à Dieu épouse la vision  que l’apôtre a de Lui au travers du dessein qui lui a été révélé.

Et nous ? Quelle vision avons-nous de Dieu, de Son projet, de Ses desseins ? Nous pouvons en avoir une idée par le nom sous lequel nous L’invoquons ! Dieu est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ! Il est le Souverain sur toutes choses ! Il est Celui, n’oublions pas de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son origine ! Que l’expression de notre adoration soit à la dimension de ce qu’Il est !

Comme il en a été de la première prière, la seconde a aussi pour centre le Dieu trine. S’adressant au Père, Paul prie que les destinataires de sa lettre soient rendus forts et puissants par l’Esprit et que le Christ habite dans leurs cœurs par la foi. La prière qui est au cœur de la volonté de Dieu n’est pas homocentrique. C’est une prière qui a pour préoccupation le projet de Dieu et son accomplissement au milieu de Son peuple. C’est une prière qui est aussi pétrie de la connaissance du rôle de chacune des parties de la Divinité dans la réalisation de Son dessein pour nous. Le Père, le Fils et l’Esprit, bien que Dieu, ne font pas la même chose, n’ont pas la même part dans la construction de la vie spirituelle du croyant comme dans celle de l’Eglise. Le Père est Celui de qui tout vient. Il est Celui qui donne. L’Esprit est celui qui accomplit, qui fournit la force et la puissance dont l’enfant de Dieu a besoin pour être ce que le Père veut qu’Il soit. Le Christ est celui en qui l’Esprit puise pour que nous devenions ce que nous sommes appelés à être. Le tout vise un but défini ici clairement par Paul : l’enracinement du croyant dans l’amour, cet amour qui est l’essence de la relation entre les différentes personnes qui composent le Dieu trine.

Car, dit Jean à deux reprises, Dieu est Amour (1 Jean 4,8.16). Si l’amour ne suffit pas comme seul mot à définir Dieu, il n’y a rien que Dieu fasse qui ne soit séparé de l’amour. Or, paradoxalement, c’est sur cette réalité que, depuis la chute, le doute dans le cœur des hommes est le plus grand à Son sujet. « Si Dieu vous aimait, a insinué en quelque sorte le Malin, Il ne vous priverait pas du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » Depuis, les mêmes propos sont déclinés à l’infini face à tout ce dont les hommes souffrent… pour avoir douté de l’amour de Dieu. Aussi, le salut de Dieu vise-t-il un but particulier : réhabiliter aux yeux des hommes la vérité sur l’amour de Dieu. Nous étions ennemis, impies, rebelles, sans force pour obéir à Dieu : Dieu met en évidence Son amour pour nous, dit Paul, par le fait que lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous (Romains 5,8). Sauvés par l’amour de Dieu manifesté en Christ, les chrétiens sont désormais formés à une école : celle de l’apprentissage de l’amour de Dieu.

Cet amour, montre Paul ici, n’est en rien comparable à celui qui porte le même nom dans le monde. Ou que nous soyons, à quelque profondeur ou hauteur que ce soit, il remplit tout l’espace dans lequel, en Christ, nous nous mouvons désormais. Sommes-nous dans la maladie, la détresse ou l’abattement ? Souffrons-nous de la faim, de la soif, du dénuement, de la persécution ? Les enfants de Dieu peuvent en témoigner : s’il y a une chose de laquelle ils ne sont pas privés, c’est de l’amour de Dieu. Sont-ils conduits par l’Esprit à fouler les sommets de la connaissance de Dieu ou de Sa communion ? Ils n’y feront qu’une découverte : celle du caractère infini de Son amour. De quelque côté que l’enfant de Dieu se tourne, dans Son royaume, il ne verra et ne respirera qu’une seule atmosphère : celle de l’amour de Dieu duquel rien ne peut, ni ici-bas, ni ailleurs, nous séparer (Romains 8,35 à 39). Le ciel ne l’est que parce que l’amour de Dieu n’y est vécu dans sa plénitude, comme l’enfer ne l’est que parce qu’il y est absent. Aussi l’Eglise de Jésus-Christ a-t-elle ici-bas une mission essentielle, une raison d’être : manifester au travers de tous les saints toute la largeur, la longueur, la profondeur, la hauteur de l’amour de Dieu.

V 20 et 21 : dédicace à la gloire de Dieu

Son exposé sur la révélation du mystère de Dieu qu’est l’Eglise achevé, Paul  ne peut faire autrement que de le conclure par une dédicace à la gloire de Dieu. Que le peuple de Dieu n’ait surtout aucune crainte d’espérer trop en ce que Sa grâce peut lui apporter. L’amour dont il est l’objet est fait de telles dimensions que jamais la foi ne saurait épuiser Ses ressources et Ses capacités. Dieu a lié à jamais Son nom à deux entités dans ce monde : Jésus-Christ et l’Eglise. Dans toutes les générations, Il poursuit le même projet : que Sa gloire soit révélée par Lui et par elle. C’est par la puissance qui est en nous dans la communion avec Lui qu’Il réalise Son projet et accomplit les œuvres pour lesquelles Il nous a préparés. Que chacun là où Il est le sache : Dieu est avec lui et veut agir et se révéler par lui. Que par l’audace de notre foi en Sa grâce, la grandeur et la gloire de Son nom soient célébrées dans nos vies et à travers l’Eglise !


lundi 2 janvier 2017

EPHESIENS 2

V 1 à 10 : de la mort à la vie

1. l'état naturel de l'homme

Il y a, dans la façon de Paul de construire son épître, une similitude avec les deux premiers chapitres de la genèse. Alors que le 1er chapitre de la genèse présente la création à partir de Dieu, le second l’envisage du point de vue de l’homme. Il en est ainsi ici à propos de la grâce dont les pécheurs sont l’objet. Dans le premier chapitre, Paul nous l’a présentée sous l’angle de sa source divine. Il nous a rappelé que c’est la volonté de Dieu qui est la source de la grâce par laquelle Son projet bienveillant envers Son peuple se réalise. Dans ce chapitre, Paul évoque la grâce en rapport avec l’expérience humaine du salut. Puis, à partir de là, il en déroule les effets pour les Juifs et les païens.

Si la grâce prend sa source dans les hauteurs inaccessibles de la Personne de Dieu, c’est lorsqu’elle atteint l’homme au plus profond de sa misère qu’elle manifeste son efficacité salvatrice. Car, dit Paul, c’est par la grâce de Dieu seule que l’homme peut être sauvé. La raison en tient à une seule chose : à l’état naturel dans lequel celui-ci se trouve, hormis la grâce. Si, jusqu’ici, nous avions pensé qu’il y avait en l’homme une quelconque capacité de contribuer à son salut, il nous faut nous détromper. Selon Paul, trois réalités rédhibitoires au sujet de la situation dans laquelle se trouve l’homme naturel rendent inaptes une telle hypothèse :

1ère réalité : la mort spirituelle

Du fait de ses fautes, dit Paul, l’homme est mort sur le plan spirituel. Non seulement, il est coupé de Dieu, mais il n’a aucune faculté en lui-même de renouer le contact avec lui. Le péché a mis une séparation entre lui et Dieu qui rend impossible toute communion (Esaïe 59,2). Mort dans ses péchés, le destin naturel de tout homme est de mourir un jour physiquement, puis éternellement. C’est ce que la Parole de Dieu appelle la seconde mort (Apocalypse 20,6.14 ; 21,8). Notons que Paul n’est pas le seul à qualifier les pécheurs de morts : Jésus Lui-même auparavant les désignera comme tels (Matthieu 8,22).

2ème réalité : l’emprise du monde et de son prince

L’homme naturel n’est pas seulement morts du fait de ses péchés, il est aussi sous la domination d’un esprit de rébellion à l’égard de Dieu : l’esprit du prince de ce monde. Le récit de la genèse en témoigne dès l’origine. La chute de l’homme n’a pas seulement endommagé sa relation avec Dieu. Elle a aussi affecté tout son environnement (Genèse 3,16 à 19). Certes, Dieu, parce qu’Il est Dieu, reste souverain sur ce qui se produit dans l’humanité. Mais celle-ci n’est plus libre. Elle est aliénée à la puissance à laquelle elle s’est soumise. Aussi, nous devons le savoir : tout ce qui se développe dans le monde, convoitise de la chair, des yeux et orgueil de la vie, est contraire à la nature et à la pensée de Dieu (1 Jean 2,18). Mort sur le plan spirituel, dominé par l’esprit de rébellion à Dieu qui teinte la mentalité ambiante, sur quoi l’homme pourrait-il s’appuyer pour contribuer à son salut ?

3ème réalité : une marche par la chair

Privé de vie spirituelle, l’homme ne peut marcher que par la chair. Qu’est-ce que la chair ? Elle est la nature que nous recevons lorsque nous naissons dans ce monde. Or, selon Jésus, il est impossible que la chair ne produise autre chose que ce qui vient d’elle-même (Jean 3,5). Tous les désirs, toutes les pensées de la chair ne visent qu’à une seule chose : la satisfaction de soi. Parce que tel est son centre, la chair est dans l’incapacité totale de plaire à Dieu. Au contraire, elle s’érige toujours en ennemie de Dieu, incapable qu’elle est d’obéir à Ses lois (Romains 8,7-8). Mort sur le plan spirituel, dominé par l’esprit qui régit ce monde, ayant pour moteur de sa vie la chair, d’où peut venir le salut de l’homme, si ce n’est de la grâce de Dieu ? C’est ce que Paul va nous démontrer maintenant !

2. Mais Dieu...

S’il n’y a aucun espoir de salut en l’homme, il n’en est pas de même en Dieu. Car si notre Dieu est saint et juste, s’Il hait le péché et l’iniquité, Il est aussi un Dieu riche en miséricorde. La miséricorde de Dieu a été de tout temps le moteur de Sa grâce (Exode 33,9). Certes, l’Eternel ne laisse pas le péché impuni ! Il punit la fautes des pères sur les fils jusqu’à la 3ème et la 4ème génération. Mais il fait miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui L’aiment et qui gardent Ses commandements (Exode 20,6). N’ayant, malgré le péché, rien perdu de Son amour pour Ses élus, Dieu, dans Sa tendre compassion, va produire pour eux ce qu’aucun n’était en mesure de faire. Les unissant à Christ, Il va les ressusciter avec Lui. Ils étaient morts, mais, par Lui, ils sont de nouveau rendus à la vie. Leur état ancien ne leur permettait plus d’être en communion avec Dieu. Ils vont naître par l’Esprit et vivre la réactivation de leur vie spirituelle (Jean 3,5). Ils étaient incapables de plaire à Dieu à cause de leur chair. Ils vont être renouvelés par l’Esprit dans leur intelligence et revêtir l’homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté (Ephésiens 4,23).

Plus encore ! Par leur union avec Christ, ils échappent pour toujours à la domination spirituelle qui étend son emprise sur le monde. Ressuscités avec Christ, ils sont affranchis de l’autorité des ténèbres et transporter dans le royaume du Fils bien-aimé de Dieu (Colossiens 1,13). Certes, leurs pieds et leurs corps physiques sont bien en contact avec le sol terrestre. Mais sur le plan spirituel, ils partagent la position de domination du Christ, assis auprès du Père dans les lieux célestes. Oui, là où leur Seigneur se trouve, ils sont, faisant un avec Lui pour toujours. Par la grâce de Dieu, source de salut de Ses élus, la suprême intention originelle de Dieu s’accomplit ! Les siècles à venir célèbreront, la richesse surabondante de Sa grâce, par la bonté qu’Il aura manifestée envers les Siens en Jésus-Christ ! Tout en l’homme était perdu. Il n’y avait plus d’espoir. Mais là où le péché a abondé, la grâce de Dieu a surabondé (Romains 5,20). Les ressources infinies de la bonté de Dieu auront eu raison de tout !

3.       C’est par grâce…

En conclusion de son exposé sur la source du salut des élus, Paul résume les grands principes qui le sous-tendent :

1er principe : c’est à la grâce de Dieu seule que nous devons notre salut

Faveur totalement imméritée, la grâce de Dieu est la démonstration de Son grand amour et de la richesse de Sa miséricorde. La grâce de Dieu est le seul fondement sur lequel le pécheur peut et doit se tenir pour construire sa relation avec Lui. Parce qu’elle procède du cœur et de la volonté de Dieu à notre égard, la grâce de Dieu est aussi le seul fondement sur lequel le pécheur peut s’appuyer en ce qui concerne la promesse de son salut. Elle est le principe unique à partir duquel chaque jour, autant pour son passé, son présent que son futur, il jouit de la liberté de s’approcher de Lui pour être pardonné, purifié, accueilli et secouru (Hébreux 4,16)

2ème principe : le moyen par lequel la grâce est reçue est la foi

La foi n’est pas un vague espoir sujet à caution. C’est, dit l’auteur de l’épître aux hébreux, la réalité de ce qu’on espère, l’attestation de choses qu’on ne voit pas (Hébreux 11,1). La foi est une certitude, une ferme assurance. Elle est le principe par lequel tous les hommes de Dieu du passé ont vécu avec Dieu, qu’ils aient obtenu ou non dans leur présent ce à quoi ils ont cru (Hébreux 11,13). Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, car la foi est l’appropriation personnelle de la promesse par laquelle le croyant vit (Hébreux 11,6). La foi nécessite que celui qui croit ne s’appuie en rien sur lui-même, mais place au contraire toute sa confiance en Dieu. L’objet de la foi du vrai croyant est toujours hors de lui.

3ème principe : rien ne vient de nous, tout de Dieu

De manière évidente, la grâce ne vient pas de nous puisqu’elle procède de Dieu. Si Paul tient à apporter ici cette précision, il le fait surtout à l’égard de la foi. Comment, en effet, un pécheur rebelle, soumis à sa chair, mort dans ses fautes, pourrait-il soudainement être animé d’une certitude inébranlable quant à son salut, si cela ne lui était donné par Dieu ? Il nous a été fait la grâce, non seulement d’être pardonné et justifié, mais encore de croire pour l’être (Philippiens 1,29). Ce n’est que parce que nous savons que rien ne sera venu de nous que nous serons capables en éternité de célébrer la gloire de Sa grâce, dont Il nous a comblés en Son bien-aimé (Ephésiens 1,6).

4ème principe : ce n’est pas en vertu des œuvres…

Paul en explique la raison : pour que personne ne fasse le fier. En effet, dit-il ailleurs, à celui qui fait une œuvre, le salaire est compté non comme une grâce, mais comme un dû (Romains 4,4). Si donc nous devions notre salut un tant soit peu à notre contribution, il ne serait plus l’expression de la grâce seule. Il n’y aurait de notre part aucune vanité à nous en glorifier, même de manière minime. Aussi Paul tient-il ici à être précis : qui s’attribue quoi que ce soit comme apport à son salut vole une partie de la gloire qui ne revient qu’à Dieu seul pour Sa grâce !

5ème principe : nous sommes son ouvrage…

Oui ! Si quelqu’un est dans le Christ, il est une création nouvelle (2 Corinthiens 5,17). Comme il en est pour la naissance physique, ainsi en est-il de celle de l’Esprit : elle est l’œuvre unique de Dieu (Jean 3,6). Le chrétien n’est pas un pécheur amélioré : il est une création nouvelle. Ce qui était ancien a disparu pour faire place à quelque chose de neuf, d’inédit. Sauvé par la grâce de Dieu, recréé en Jésus-Christ, l’enfant de Dieu ne sera pas inactif. Dieu a préparé d’avance pour lui des œuvres dans lesquelles Il l’appelle à entrer pour être Son témoin dans ce monde. Aucun chrétien véritable ne peut être croyant sans être un pratiquant. Nous sommes sauvés par le moyen de la foi, mais la foi authentique se prouve par les œuvres qu’elle suscite (Jacques 2,14 à 26).

Béni soit Dieu pour la grâce par laquelle nous avons cru pour être sauvés et recréés en Jésus-Christ pour servir à Sa gloire !

V 11 à 18 : Juifs et non-Juifs réunis dans le Christ

Le salut s’opérant sur le principe de la grâce seule, il n’y a désormais plus de distinction, sur le plan de l’adoption, entre Juifs et non-Juifs. Jusqu’à ce que Christ vienne, les Juifs seuls bénéficiaient du statut de peuple choisi. Cette mise à part pour Dieu, le peuple juif la portait jusque dans sa chair par la circoncision, signe de l’alliance contractée entre Dieu et Abraham pour tous ses descendants physiques (Genèse 17,9 à 14). Etrangers à cette alliance, les païens étaient exclus de tous les privilèges qui lui étaient afférents. Ils ne pouvaient être ni citoyens du peuple élu, ni participer à son culte. Sans espérance et sans Dieu dans le monde, ils étaient de facto privés de l’espérance liée aux promesses de l’alliance.

En Christ, le mur de séparation qui tenait les païens hors de l’alliance est tombé. Incirconcis, les païens étaient dans le temple tenus à distance du lieu saint. Il y avait une limite qu’ils ne pouvaient franchir sous peine d’être jugés. De plus, la loi qui les déclarait impurs leur interdisait toute participation aux rites et aux cérémonies liées au culte. Désormais, dit Paul, toutes ces barrières n’existent plus. Victime volontaire et parfaite, le Christ s’est présenté Lui-même à Dieu comme substitut pour tous les pécheurs, qu’ils soient proches (les Juifs) ou loin (les païens). Par Son sang versé, Il rend propice quiconque se revendique de Sa mort sur la croix pour son salut. Ouvrant à chacun, au travers de sa chair, l’accès direct à Dieu, Il rend caduque les prescriptions de la loi définissant ce qui est pur de ce qui ne l’est pas. Toutes ces choses, dira l’auteur de l’épître aux hébreux, n’étaient que l’ombre des choses à venir, une dispensation provisoire qui ne devait durer que jusqu’au moment où la réalité s’accomplirait (cf Hébreux 10,1 à 12). En Christ, nous y sommes !

En toutes choses désormais, le Christ est notre paix. Il est la paix des Juifs qui, par grâce, peuvent s’approcher de Dieu et Le louer pour Sa fidélité à l’alliance. Il est la paix des païens qui, à cause de Sa miséricorde, s’approchent de Lui avec confiance. Il est la paix des Juifs dans leur relation avec les païens, et vice-versa, par la destruction de l’hostilité qui tenait les uns à distance des autres. Il n’y a désormais plus deux peuples séparés, mais un seul nouveau, dont Christ est la Tête. Tous ensemble, par Lui, peuvent maintenant s’approcher du Père dans un même Esprit. Enfermés autrefois dans la même désobéissance, tous se retrouvent dorénavant unis au bénéfice de la même grâce !

V 19 à 22 : Ainsi donc…

Puisque la grâce est la source du salut pour chacun, les chrétiens d’origine païenne peuvent sans réserve s’approprier leur nouveau statut. Ils ne sont plus exclus du royaume de Dieu, mais font désormais partie à part entière de Sa famille. Ils ont le même accès, le droit à la même proximité que les Juifs chrétiens avec le Père. Avec eux, ils sont intégrés aux éléments qui constituent la structure de l’Eglise, corps de Christ. Celle-ci, dit Paul, a pour fondement les apôtres et les prophètes et pour pierre d’angle Jésus-Christ Lui-même. Dans la construction, la pierre d’angle est la pierre principale (Matthieu 21,42). Elle est celle à partir de laquelle tout part et sur laquelle toutes les autres s’alignent. Les pierres de fondations sont, quant à elles, celles qui côtoient directement la pierre d’angle. Elles forment le soubassement à partir duquel la construction s’élève harmonieusement.

L’image de la construction est une image récurrente dans le Nouveau Testament pour ce qui touche à l’édification de l’Eglise. Jésus, le premier, est Celui qui l’a employée au jour où Il reçut la confession de Pierre à Son sujet (Matthieu 16,18). L’apôtre, à Sa suite, a repris la même image dans son enseignement sur le même thème. Chaque chrétien, dit-il, est une pierre vivante, à l’image du Christ, pierre d’angle choisie par Dieu. Ensemble, tous contribuent à la construction d’une maison spirituelle (1 Pierre 2,4-5), un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu en Esprit. Dans ce temple, les apôtres occupent une place prépondérante. Ils constituent les fondations de l’Eglise, ce dont rend témoignage Jean dans la vision qu’il reçut de la nouvelle Jérusalem (Apocalypse 21,14). Les prophètes mentionnés ici par Paul ne sont pas ceux de l’Ancien Testament. Ils constituent le groupe d’hommes le plus proche des apôtres qui relayèrent dans les Eglises leur enseignement. De ce nombre sont cités, par exemple, Jude et Silas, ou Barnabas et Paul (Actes 15,32 ; 13,1). Si les apôtres sont les pierres de fondation reconnues jusque dans l’éternité, les prophètes sont comme la première rangée de pierres construite sur eux. C’est leur enseignement compilé dans l’Ecriture qui, aujourd’hui encore, est le fondement de la foi de tous les vrais disciples de Jésus.


Telle est l’Eglise de Jésus-Christ, mystère dont Paul a reçu l’intelligence, ce dont il va témoigner maintenant !

mercredi 21 décembre 2016

EPHESIENS 1

A.     INTRODUCTION :

Intitulée lettre aux Ephésiens, l’épître que Paul écrit ici ne portait pas, selon plusieurs anciens manuscrits, de nom de destinataire. Au vu du thème abordé, l’Eglise dans le dessein de Dieu, il se peut qu’elle ait été rédigée comme une lettre circulaire destinée au corps de Christ dans son ensemble. Elle est cependant adressée à des destinataires précis, dont l’Eglise d’Ephèse devait faire partie (Ephésiens 1,15). Le but de Paul dans la lettre est d’instruire les croyants d’origine païenne sur le mystère dont il a eu connaissance par révélation (Ephésiens 3,3). Ce mystère touche au but, à la raison même de l’existence de l’Eglise, cœur du projet de Dieu. Par l’Eglise, dit Paul, la sagesse de Dieu dans sa grande diversité est portée à la connaissance des puissances célestes (Ephésiens 3,10). Si l’Eglise a une mission terrestre, c’est dans les lieux célestes surtout que se trouve la signification à son existence. L’expression revient de manière récurrente dans l’épître (Ephésiens 1,3.20 ; 2,6 ; 3,10 ; 6,12). De même qu’il n’a pu comprendre de lui-même ce mystère qui lui a été révélé, Paul prie que Dieu ouvre les yeux de ses lecteurs pour qu’eux aussi voient ce qu’il a vu (Ephésiens 1,15 à 19). Approprions-nous la même requête avant de nous lancer dans l’étude de cette magnifique épître !

CHAPITRE 1

V 1 et 2 : salutations

Parlant du Messie à venir, Esaïe le présente comme le serviteur choisi par Dieu (Esaïe 42,1). Il en est de Jésus comme de tous les serviteurs de Dieu. Nul ne peut occuper une position et exercer au ministère au service de Dieu s’il n’a été appelé par Lui. Paul le rappelle dans la quasi-totalité de ses lettres. C’est par la volonté de Dieu qu’il est apôtre de Jésus-Christ. Il le sait d’autant plus qu’il ne faisait pas partie des douze que le Seigneur a choisis au départ (Matthieu 10,2 à 4). Parce qu’il s’est montré un temps dans sa vie comme un farouche opposant au Christ, Paul se considère comme le moindre des apôtres. Mais, par la grâce de Dieu, il l’est pleinement tout de même (1 Corinthiens 15,9-10).

Paul adresse sa lettre aux saints et fidèles qui se trouvent à Ephèse (et ailleurs). Il évoque déjà dans ce double qualificatif le caractère particulier de l’identité chrétienne. Les disciples de Jésus sont une race à part dans ce monde. Ils ne s’appartiennent plus, ne font plus partie de l’humanité rebelle. Ils sont citoyens du royaume de Dieu, un royaume duquel le péché et les ténèbres sont exclus. Paul appelle les croyants saints et fidèles, c’est-à-dire, dignes de confiance. Il y a dans le peuple de Dieu quelque chose qui le rend désormais fiable. C’est, nous le verrons, ce que ses membres sont, non en eux-mêmes, mais dans le Christ. Paul souhaite à ses destinataires la même chose que tous ceux à qui il écrit : la grâce et la paix de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ : deux thèmes qui traverseront l’épître de part en part !

V 3 à 14 : Béni soit Dieu… pour ce dont Il nous a bénis en Christ

S’il y a, pour les chrétiens, une promesse de richesse qui existe, celle-ci ne concerne ni la terre, ni les biens matériels. Toutes les bénédictions qui lui sont réservées sont de la part de Dieu, dit Paul, en Christ dans les lieux célestes. Jésus l’a dit en Son temps : Son royaume n’était pas de ce monde. S’il l’avait été, Ses serviteurs se seraient battus pour l’imposer (Jean 18,36). Parce que la fin de Jésus a été la croix, il doit être évident pour tout disciple que ce qu’Il va lui apporter ne touche en rien aux choses d’ici-bas. Le but de la venue de Jésus sur terre n’a jamais été de renforcer l’attachement de notre cœur aux biens qui s’y trouvent. Au contraire ! Il veut nous en délivrer pour que notre affection se porte sur les richesses véritables, celles qui sont cachées en Dieu le Père et mises à notre portée par le Fils.

Alors qu’il a les pieds sur terre, le chrétien doit toujours se souvenir que sa fortune est au ciel, dans un monde qui est hors de portée de ses sens. Sa richesse n’est pas d’abord faite de choses. Elle est dans le débordement de bienfaits dont Dieu veut gratifier son âme par le Christ. Par Christ, le cœur du Père, avec tout ce qui s’y trouve en richesses altruistes, nous est ouvert. Paul en dresse pour nous la liste des plus précieuses.

La première énoncée par l’apôtre touche à l’élection divine. L’élection est un choix qui résulte de la seule prérogative de Dieu. Alors que nous n’existions pas, avant même que l’univers ne soit créé, Dieu nous a choisis en Christ dans le but que nous soyons saints et sans défaut devant Lui. Pensions-nous que notre salut résultait de notre choix ? Il nous faut nous détromper à ce sujet. La décision de notre union à Christ a été prise par Dieu seul, avant la fondation du monde. L’élection, dira Paul ailleurs, ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court. Elle n’est aliénée à aucune œuvre, mais résulte de la seule volonté de celui qui appelle (Romains 9,11 à 16).

Si telle est la réalité, les élus ont, par le titre qu’ils portent, une raison puissante de se réjouir. S’ils ont cru, c’est qu’ils font partie des brebis du Seigneur (Jean 10,26). Intégrés à Christ selon le projet éternel de Dieu à leur sujet, ils sont en parfaite sécurité : nul ne peut les ravir de la main du Père et du Fils (Jean 10,28-29). L’élection cependant, rappelle Paul, vise un but : celui d’amener les élus à la ressemblance avec Dieu. Parce que Dieu nous a choisis, Il nous a aussi prédestinés, par l’adoption filiale, à être configurés à l’image de Son Fils (Romains 8,29). L’élection, affirme Paul, est ainsi le fondement de la grâce. Par elle, ceux qui en sont l’objet ne peuvent que la célébrer. Car ils le savent : la hauteur du destin qui leur est préparée n’est en aucune manière due à ce qu’ils sont. Il procède du projet d’adoption de Dieu, projet qui remonte au temps où eux-mêmes n’existaient pas encore. Bénissons Dieu pour la grâce dont nous sommes l’objet en Son Fils dès les temps éternels !

Si l’élection a pour objet de conduire ceux qui en sont l’objet à célébrer la gloire de la grâce, la rédemption en révèle toute la richesse. Le péché introduit dans le monde, le diable crut rendre caduque le projet bienveillant de Dieu à l’égard de l’humanité (1 Corinthiens 2,7-8). C’était sans compter les ressources de la grâce de Dieu. Il y avait en Dieu, avant la création, une disposition cachée qui lui permettait, au-delà de la rupture que faisait encourir le risque du péché, de réaliser Son projet. Cette disposition s’est révélée en Christ, sur la croix, par le sang que Celui-ci a versé pour le rachat de ceux que Dieu avait choisis pour Lui dès l’éternité. Le péché n’a pas été initié par Dieu, Celui-ci étant incapable de le concevoir en Lui-même (Jacques 1,13). Mais, dans Sa souveraineté parfaite, Il s’est servi de lui comme un révélateur des profondeurs de Sa grâce cachées à la vue de tous. Par Christ, le dessein éternel et bienveillant de Dieu à l’égard de Ses créatures éclate au grand jour. Ce dessein était que, dans l’univers, tout trouve sa place et son sens dans le Christ, en lien avec Lui. Hommes, anges doivent le savoir : tout n’existe finalement ici-bas et dans les cieux que par Lui. C’est en Lui que tout se tient et trouve son harmonie parfaite. Quand tout Lui sera soumis, dit Paul, alors le Fils Lui-même se soumettra à Celui qui Lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous (1 Corinthiens 15,28). Le projet bienveillant de Dieu, caché en Lui de toute éternité, sera alors accompli !

Destinés d’avance à célébrer la gloire de Dieu en Christ, nous sommes déjà bénéficiaires de la part d’héritage que Sa grâce nous a réservée. Le royaume que Dieu nous a préparé n’est pas un royaume dans lequel ceux qui prendront part seront inactifs. Le royaume de Dieu est un royaume participatif. Chacun qui y sera aura une fonction, un rôle à jouer, des responsabilités par lesquels il contribuera à sa beauté, sa perfection, son harmonie. Il y aura dans le royaume de Dieu des grands et des petits et des récompenses diverses (1 Corinthiens 3,12 à 14 ; Apocalypse 11,18). Mais chacun sera héritier avec Christ des richesses de Dieu et en aura l’administration selon la part reçue (Luc 19,16 à 19).

Elus et destinés d’avance à l’adoption filiale, rachetés par la richesse de Sa grâce, assurés d’un héritage qui nous est réservé, que nous manque-t-il que la grâce de Dieu ne nous ait donnée pour que notre sécurité soit complète ? Paul le dit ici en conclusion de l’énumération des bénédictions dont nous sommes l’objet en Christ. En Lui, nous avons été scellés du Saint-Esprit, don qui constitue les arrhes de l’héritage qui nous est promis. Peut-être avons-nous pensé jusqu’ici que notre foi en Christ venait de nous-mêmes ! Paul nous ôte ici cette illusion. C’est, dit-il, en vertu d’une opération conjointe que, en Christ, nous avons cru et nous avons été scellés du Saint-Esprit. De même qu’il nous était impossible d’être connecté à l’Esprit de Dieu par nous-mêmes, il nous était impossible de croire par nous-mêmes. Il nous a été fait la grâce de croire pour bénéficier de la grâce d’être régénérés (Philippiens 1,29). Peut-être, une fois régénérés, avons-nous été traversés par la pensée de perdre notre salut. Paul tient ici aussi à nous rassurer. Les arrhes que Dieu nous a faites sont le gage de notre rédemption future. Ils sont un acompte versé d’avance par Dieu pour nous assurer que le reste de la somme des bénédictions qui nous sont préparées nous sera donné.

De l’énoncé des bénédictions spirituelles qui sont la part des croyants en Christ, je retiendrai trois choses. La première est que la manifestation primordiale de la grâce se trouve dans l’élection. Certes, la rédemption la révèle dans toute son étendue. Mais, hypothétiquement, elle aurait pu n’avoir jamais lieu si le péché ne s’était introduit dans le monde. Le dessein original de Dieu était d’élire en Christ de toute éternité un peuple en vertu de Sa grâce, afin que celui-ci en célèbre la gloire. La seconde est que la réalité déterminante de notre vie ne se situe pas dans le monde visible et matériel, mais dans les lieux célestes. Notre histoire est écrite déjà dans le ciel avant que nous ne la vivions ici-bas. Notre véritable identité n’est pas celle sous laquelle nous paraissons devant les hommes. Elle est celle que nous avons en Christ dans le monde spirituel. La troisième est que toute la Divinité est engagée dans la réalisation du dessein de Dieu pour nous. Le Père est Celui qui nous élit, le Fils est Celui par qui notre rédemption est acquise, l’Esprit est Celui qui scelle en nous la promesse de l’héritage. Que dire de plus si ce n’est que c’est de Lui, par Lui et pour Lui que sont toutes choses ! A Lui soit toute la gloire !

V 15 à 19 : prière de Paul pour les croyants

Pénétré de l’idée qu’il a du dessein de Dieu pour les élus, Paul ne peut que se réjouir et rendre grâce à Dieu pour la foi en Jésus-Christ qui anime le cœur des destinataires de sa lettre et l’amour dont ils font preuve pour tous les saints. Ses vertus témoignent à elles seules qu’ils font partie des rachetés, de ceux qui sont l’objet des bénédictions précitées. En effet, nul n’a la foi s’il n’a eu la visite de Dieu dans sa vie, et nul n’aime de Son amour s’il n’a pas été répandu dans le cœur par le Saint-Esprit (Romains 5,5). Comme Paul, apprenons à nous émerveiller lorsque les signes de l’œuvre régénératrice de Dieu est manifeste dans le cœur des saints !

Outre l’action de grâce, la prière de Paul pour ses frères vise essentiellement un but. Ayant reçu, par le Saint-Esprit, l’intelligence du mystère du Christ (Ephésiens 3,4), l’apôtre n’aspire qu’à une seule chose pour ses frères : qu’eux-mêmes en aient la pleine connaissance. Car Paul le sait : l’ignorance spirituelle est, de loin, le plus grand handicap du chrétien. Celui-ci peut être le plus honnête et le plus sincère au monde : s’il ne vit pas à la lumière de la connaissance des vérités qui le concernent, il lui manque l’essentiel. Bien qu’écrites sur le papier et enseignées de vive voix, les vérités sur lesquelles le chrétien doit fonder sa foi ont besoin de lui être révélées. Cette révélation se produit au moment où, illuminant le cœur, le Saint-Esprit nous donne de saisir personnellement et pour notre vie ce qu’elles signifient. Avec Job, nous pouvons dire à ce moment-là : « Jusque-là, mon oreille avait entendu parler de ces choses ; mais maintenant les yeux de mon cœur se sont ouverts et je les vois (cf Job 42,5). L’Esprit de sagesse et de révélation, l’Esprit de Dieu, a agi. Il a déchiré le voile qui me masquait la compréhension de ces vérités. Toute ma vie, désormais, s’éclaire ! »

Que nous faut-il comprendre qui nous soit si vital, si précieux pour notre marche avec Dieu ? Quelles réalités l’Eglise de Jésus-Christ dans son ensemble a-t-elle besoin de saisir pour vivre à la hauteur du statut spirituel qui est le Sien ? La prière de Paul pour ses destinataires est qu’ils sachent trois choses :

1.       Quelle est l’espérance qui s’attache à leur appel :

Il est essentiel dans cette vie que le regard du chrétien se détache des choses de la terre et de la sphère du temps pour se porter sur ce qui fait son espérance véritable. Cette espérance qui nous est réservée dans les cieux (Colossiens 1,5) est celle de la gloire de Dieu (Romains 5,2). Certes, Dieu n’est pas indifférent à ce que nous vivons dans ce monde. Il ne détourne pas Son oreille de celui qui L’invoque pour ses besoins matériels. Trop d’enfants de Dieu cependant ne considèrent leur relation avec Lui que de ce point de vue. Dieu est Celui qui doit être le garant de leur bonheur et de leur bien-être ici-bas. Il nous faut le savoir : le projet de Dieu pour nous dépasse largement le cadre de notre existence terrestre. Notre vraie patrie se trouve au ciel. C’est vers elle que, à l’instar d’Abraham, notre père dans la foi, nos yeux doivent se porter (Hébreux 11,10.14-16). Seul l’objet céleste de notre espérance nous donne la capacité de supporter, d’endurer la souffrance et les déconvenues qui ne manqueront pas de se produire ici-bas à cause de notre foi

2.       Quelle est la glorieuse richesse de Son héritage au milieu des saints

Si le chrétien a besoin de saisir les richesses qu’il a en Dieu, il a aussi besoin que ses yeux s’ouvrent pour voir tout le capital que Dieu a mis, pour sa propre édification, dans l’Eglise. Paul reviendra largement sur ce sujet tout au long de son épître. L’Eglise, rappellera-t-il, est l’expression de la sagesse infiniment variée de Dieu (Ephésiens 3,10). En elle se trouve tout ce dont le corps a besoin pour que tous parviennent à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’homme adulte et à la mesure de la stature parfaite du Christ (Ephésiens 4,13). Ne nous privons pas de la richesse qui se trouve dans l’Eglise de Jésus-Christ : elle est l’héritage de Dieu au milieu des saints.

3.       Quelle est la grandeur surabondante de Sa puissance envers ceux qui croient

Il n’a jamais été dans l’intention de Dieu que le chrétien s’appuie sur la force qu’il trouve en lui-même pour vivre la vie chrétienne. Il peut, par contre, puiser sans réserve sur la puissance que Dieu met à sa disposition dans le Christ à cet effet. Cette puissance n’est pas vaine. Elle s’est manifestée dans toute son étendue par la résurrection de Jésus-Christ, suivie de Son ascension et de Son élévation dans les cieux au-dessus de toute puissance, domination ou nom qui puisse être nommé dans le siècle présent ou à venir. L’Eglise doit en être consciente : elle a à sa tête Celui qui possède tout pouvoir dans les cieux et sur la terre. Elle peut, à l’image de son Maître dans ce monde, être mise à mal, attaquée ou  meurtrie : il n’est pas dans la capacité de ses ennemis de prévaloir sur elle (Matthieu 16,18). La puissance qui la soutient est celle qui est capable de relever à la vie un mort et de lui donner la position la plus glorieuse qui soit. Ne l’oublions jamais dans les moments où notre faiblesse nous fait croire que tout est fini pour nous !


vendredi 9 décembre 2016

COLOSSIENS 4

V 1 : recommandations aux maîtres

Il en est devant Dieu et dans l’Eglise de Jésus-Christ du maître comme de l’esclave. Quel que soit le rang qu’il occupe, chacun est appelé à agir envers autrui selon les principes et l’esprit du royaume véritable auquel il appartient. Si l’esclave croyant est serviteur de Christ avant de l’être d’un homme, le maître croyant (ou le patron) n’occupe pas l’échelon supérieur de la hiérarchie de sa maison ou de son entreprise. Au-dessus de lui se trouve au ciel un Maître plus grand à qui, lui aussi, aura à rendre compte : le Maître des maîtres, Jésus, le Seigneur. Paul l’a rappelé au début de sa lettre : Dieu a voulu qu’en toutes choses, dans tous les domaines, le Christ soit le premier : Colossiens 1,18. Tout chef chrétien placé à la tête d’une organisation ou d’une équipe doit constamment s’en souvenir. Il n’est pas le premier dans l’échelle du commandement, mais le subalterne du Christ.

Que recommande Paul aux maîtres chrétiens qui témoignent de leur appartenance à Christ et de leur vie dans Son royaume ? Une chose par-dessus tout : la justice et l’équité dans leur façon de rétribuer ceux qui les servent. Si la rébellion ou la duplicité des serviteurs à l’égard de leurs maitres n’est pas admissible, l’exploitation et la spoliation de ceux-ci à leur encontre ne l’est pas davantage. Il existe pour l’enfant de Dieu des tentations propres à chaque position qu’il occupe. Celui-ci doit les dépasser pour agir en conscience devant Dieu et face à Celui qui l’a racheté et à qui il appartient ! Que dans le quotidien, le souci d’être témoin du Christ prévale dans nos vies et notre service sur toute autre considération et avantage !

V 2 à 6 : exhortations diverses

S’acheminant vers la fin de sa lettre, Paul communique aux Colossiens plusieurs exhortations qui lui tiennent à cœur. La première touche à la prière. S’il y a un domaine qui, aux yeux de l’apôtre, ne doit absolument pas être négligé, c’est lui. La prière est une priorité. C’est, avec la lecture de la Parole, la discipline à laquelle l’enfant de Dieu se doit d’être chaque jour le plus assidu. La prière est le lieu du recueillement, du ressourcement et de l’intercession. Qui fait défaut ici faillit partout. La prière n’est pas une activité de laquelle on s’acquitte comme un devoir. C’est le moment où le cœur se livre, se confesse, s’ouvre entièrement à Dieu, se répand, plaide pour lui-même, les autres, le monde. La prière peut être vécue en groupe. Elle est alors un moment privilégié de rapprochement spirituel des uns avec les autres et avec Dieu. Mais elle nécessite aussi des temps de solitude au cours desquels, dans le secret de sa chambre, l’enfant de Dieu s’adresse à son Père céleste : Matthieu 6,6. Paul insiste pour que la prière ne se limite pas à la supplication ou l’intercession, mais qu’elle soit accompagnée de l’action de grâces. Il est inimaginable de s’adresser à Dieu et d’oublier tout ce dont nous sommes l’objet par Sa grâce. La foi qui demande est aussi celle qui se souvient.

Paul n’hésite pas aussi à partager avec les Colossiens qu’il ne connaissait pas des sujets de prière personnels. Le Corps de Christ est un organisme vivant. Ce qui touche l’un des membres touche aussi les autres : cf 1 Corinthiens 12,26. La demande de prière de Paul pour les sujets relatifs à son ministère est d’autant plus importante que celui-ci se trouve sur le front de la bataille pour l’annonce de l’Evangile. Dans ce contexte, il invite les Colossiens à prier pour deux choses. La première est qu’une porte s’ouvre pour la Parole. Il arrive souvent, sur le terrain missionnaire, que le désir et la volonté soient là pour annoncer Christ. Mais les possibilités ne le sont pas. Comme il en était de Jéricho pour Josué, les portes des villes sont fermées et les entrées barricadées : Josué 6,1. Seule la puissance de Dieu a le pouvoir d’abattre les forteresses qui rendent impossible le travail de témoignage et d’implantation de l’Eglise. C’est dans la foi et la prière que le peuple de Dieu participe à cette œuvre de libération.

Le second sujet exprimé par Paul tient à l’annonce elle-même de l’Evangile. Alors qu’il se trouve en prison, Paul n’a pas besoin de l’aide de Dieu seulement pour que la porte de sa geôle s’ouvre, mais aussi pour trouver les mots qui conviennent dans la proclamation du message dont il est le porteur. Certes, Paul connaît la teneur du message de l’Evangile. Mais il sait aussi que sa présentation n’est pas uniforme. Ce qui convient aux Juifs ne répond pas aux Grecs ou aux barbares. Jésus présentait toujours le message de la Bonne Nouvelle à Ses interlocuteurs. Mais ce qu’Il a dit à Nicodème différait dans les mots de ce qu’Il a partagé avec la samaritaine. Il nous faut donc prier, et demander que l’on prie pour nous, afin que là où nous nous trouvons l’Evangile soit clairement annoncé. On peut, en effet, vite se rassurer, en tant qu’évangéliste, en se disant que le message de Christ a été proclamé. Mais s’il n’a été ni audible, ni compréhensible pour ceux qui l’ont entendu, c’est comme si nous n’avions rien fait.

C’est sur leur conduite qu’en premier les incroyants jugent les chrétiens. Il est vital, pour la crédibilité de leur témoignage, que ceux-ci fassent preuve de sagesse dans leur comportement à leur égard. Si l’enfant de Dieu ne fait pas preuve d’attitudes ou de réactions différentes de celles des incrédules, comment ceux-ci pourraient-ils voir qu’ils sont habités par un esprit différent ? L’enfant de Dieu ne doit jamais perdre de vue son identité. Il n’appartient plus à ce monde, il ne vit plus pour les causes qu’il défend. Quels que soient les torts qu’on lui fasse, il n’est plus nécessaire pour lui de défendre à tout prix son honneur ou sa justice. Les opinions qui ont cours dans le monde sur quantité de sujets sont multiples. Que le chrétien apprenne à faire preuve de modération : c’est le royaume de Dieu et le besoin de l’Evangile pour tout homme qu’il doit promouvoir, non la cause d’un parti ou d’une opinion.

Le temps est le bien le plus précieux que possède ici-bas l’enfant de Dieu. Paul exhorte les Colossiens à ne pas le gaspiller, mais à le racheter pour des choses utiles. A ce propos, la sagesse biblique nous invite à ne pas compter nos vies en années, mais en jours : Psaume 90,12. Le jour est l’unité de base du temps. Chaque jour est comme un pas que nous faisons dans une marche qui nous conduit vers une certaine direction. Il nous faut demander à Dieu, à ce sujet, ce que Moïse priait : « Enseigne-nous à bien compter nos jours afin que nous conduisions notre cœur avec sagesse » et « Affermis pour nous l’œuvre de nos mains » : Psaume 90,12 et 17.

Mise à part la conduite, c’est aussi sur nos paroles que nous serons jugés par ceux qui nous entourent. Paul plaide pour que celles-ci soient toujours accompagnées de grâce et assaisonnées de sel. Nous n’avons pas à apporter un message de condamnation et de jugement autour de nous, mais de pardon. Les paroles qui sortent de notre bouche sont comme un aliment que nous offrons au cœur et à l’esprit de ceux qui les entendent. Selon leur teneur, soit elles leur donneront le goût de connaître d’où elles proviennent, soit elles les en dissuaderont. « La bouche du juste annonce la sagesse, et sa langue proclame la justice : Psaume 37,30. » « Les paroles agréables sont un rayon de miel, douces pour l’âme et salutaires pour le corps : Proverbes 16,24. »

V 7 à 18 : messages personnels et salutations

Comme il en a l’habitude, Paul conclut sa lettre par des messages personnels et des salutations. Ne pouvant lui-même se rendre à Colosses, il délègue Tychique et Onésime auprès des Colossiens pour qu’ils leur fassent part de sa situation. Les deux frères leur sont bien connus. Paul n’hésite pas à faire leur éloge et à exprimer toute l’estime qu’il a pour chacun d’eux. Tychique a été un compagnon d’œuvres de Paul lors de son troisième voyage missionnaire : Actes 20,4. Onésime est un ancien esclave de Philémon. Emprisonné avec Paul, il deviendra un disciple de Christ fidèle et utile à l’apôtre : cf épître à Philémon. Les deux hommes ne sont pas envoyés par l’apôtre seulement pour leur apporter des nouvelles de sa situation. Ils sont porteurs de la lettre qu’il leur a écrite, et ils ont la mission de les encourager. Quelles que soient les circonstances que Paul traverse, l’apôtre a toujours veillé à ce qu’elles ne soient pas source de découragement pour les Eglises. Les tribulations, les détresses sont le lot normal du serviteur de Christ ici-bas. Elles sont l’occasion pour lui de faire l’expérience du secours et du soutien de Dieu. Par l’encouragement reçu, elles le rendent aptes ensuite à fortifier tous ceux qui, après lui, passent par les mêmes détresses : 2 Corinthiens 1,4. C’est là le sens du message que l’apôtre veut porter à ses frères au courant de sa situation.

Dans sa prison, Paul n’est pas seul. Un de ses compagnon d’œuvre au moins, Aristarque, cité à trois reprises dans le livre des Actes : Actes 19,29 ; 20,4 ; 27,2, est incarcéré avec lui. Paul fait part de ses salutations fraternelles aux Colossiens. Il leur demande aussi de faire bon accueil à Marc, le cousin de Barnabas, l’auteur d’un Evangile. Dans le passé, Marc fut l’objet d’un vif désaccord entre les deux apôtres : Actes 15,39. Ces choses font désormais d’un passé révolu. Marc ayant fait ses preuves, il n’y a plus de raison chez Paul d’être réservé à son sujet. Au contraire, beau témoignage de la grâce agissante de Dieu dans les pages du Nouveau Testament, il ne peut que le recommander !

Paul cite également parmi les Juifs convertis plusieurs frères qui, à ses yeux, sont des collaborateurs précieux : Justus et, surtout, Epaphras, originaire de Colosses, qui les salue. L’apôtre rend témoignage à son sujet du fardeau qui est le sien pour eux. La prière d’Epaphras pour ses frères rejoint le souci de Paul à leur propos : que les Colossiens, affermis dans la connaissance de Dieu et de Sa volonté, deviennent des chrétiens mûrs et fermes dans leur foi : Colossiens 1,28-29. C’est là, dans toutes les épîtres, le cœur de la prière de l’apôtre. L’est-ce aussi dans les nôtres pour nos frères et sœurs ?

Paul termine sa lettre par diverses communications. Il demande, entre autres, que la lettre que les Colossiens vont recevoir soit aussi lue dans l’Eglise des Laodicéens et qu’eux fassent lire aux frères de Colosses celle qui leur arrivera. Les Eglises des premiers temps n’avaient pas à leur disposition le Nouveau Testament qui contient tout ce dont nous avons besoin pour notre foi. La requête de Paul témoigne cependant d’une circulation intense, sur le plan régional à minima, des écrits dont les apôtres étaient les auteurs. Ses lettres précieuses, sans doute recopiées de nombreuses fois, ont traversé les siècles pour nous parvenir. Estimons-les à leur juste valeur ! Recevons-les, non comme les écrits d’un homme, mais comme la Parole même de Dieu pour nous aujourd’hui : 2 Pierre 3,16.

C’est de sa propre main, preuve de son authenticité, que Paul signe la lettre qu’il envoie aux Colossiens. Il se recommande, en temps que prisonnier, à leur souvenir. C’est là ce dont chacun qui passe par cette situation a le plus besoin : ne pas être oublié. Les prisonniers dans la foi ont besoin de nos prières. Ils sont aussi besoin que l’on pense à eux en se mettant à leur place. Ce n’est que de cette manière qu’une vraie compassion naîtra dans notre cœur pour eux : Hébreux 13,3. Que Dieu nous aide à ne pas nous habituer à la détresse et à la souffrance de nos frères qui, dans le monde, passent par la persécution.


Que la grâce soit avec vous, conclut Paul ! Qu’avons-nous besoin d’autre chaque jour de notre vie ? Elle seule est la source de notre salut, de notre force et de notre soutien au quotidien ! 

lundi 5 décembre 2016

COLOSSIENS 3

V 1 à 11 : morts et ressuscités avec Lui (suite)

De même que nous sommes morts avec Christ, Paul dit que nous sommes aussi ressuscités avec Lui. Comme il en a été de notre identification avec Christ dans Sa mort, celle qui nous unit à Lui dans la résurrection a des incidences pratiques pour notre vie. Le Christ ressuscité n’est plus de ce monde. Il siège en haut à la droite de Dieu. Sur le plan spirituel, la position du Christ est désormais aussi la nôtre. Certes, nous avons les pieds sur terre et notre corps qui est terrestre retournera à la poussière. Mais notre esprit, notre être intérieur vit déjà dans le royaume d’en-haut. Notre vie véritable se déroule dans une sphère qui est hors d’atteinte de tout ce qui se meut et se passe ici-bas. Uni à Christ, notre vie est intégrée à la Sienne, à tel point qu’elle est une composante avec Lui de la Divinité.

Connectés à la vie même de Dieu, nous sommes exhortés à chercher et à nous préoccuper par-dessus tout des choses d’en-haut. Au lieu de se nourrir des choses d’ici-bas, comme le font ceux qui ne connaissent pas Dieu, l’enfant de Dieu se distingue par le fait que ce qui fait l’objet de sa réflexion et de sa méditation quotidienne touche à la vie et aux sujets qui ont trait au royaume de Dieu. L’enfant de Dieu n’échappe pas pour autant à sa condition terrestre. Comme les autres, il se marie, fonde une famille, se rend à son travail, paye ses impôts et participe à la vie sociale de la communauté humaine à laquelle il appartient. Mais une préoccupation majeure l’anime, celle de savoir comment, au milieu même de ses activités, il peut rendre témoignage du royaume dans lequel il vit et au Seigneur à qui il est. L’enfant de Dieu mange et boit comme les autres. Mais quoi qu’il fasse, il vise l’objectif, comme le fit Jésus du temps de Son humanité, de tout faire pour la gloire de Dieu : 1 Corinthiens 10,31.

Manifestons-nous que nous sommes ressuscités avec Christ au milieu de ceux qui, chaque jour, nous voient vivre ? Peuvent-ils constater que ce qui fait notre aspiration ne touche pas aux ambitions, aux buts que poursuivent ceux qui n’ont pour horizon que la vie ici-bas ? Pour l’heure, notre vie véritable est cachée avec Christ en Dieu. Le jour vient cependant où le Christ, notre vie, paraîtra dans Sa gloire. Au jour où l’événement se produira, les hommes comprendront-ils ce qui, à l’intérieur de nous-mêmes, nous faisaient vivre ? Pourront-ils dire qu’à travers nous ils avaient déjà touché du doigt la vie qui est en Christ et senti l’air qui se respire dans le royaume de Dieu ? Ou diront-ils que notre vie était si étrangère à ce royaume qu’ils n’en auront rien perçu ? C’est ce défi que, ici-bas, nous sommes appelés à relever !

Morts et ressuscités avec Christ, nous avons à traduire dans les faits la réalité de notre position. Outre le fait de nous préoccuper et de nous attacher à ce qui est en-haut, il nous faut aussi faire mourir ce qui, en nous, relève d’en-bas. Le premier trait de cette nature terrestre à éradiquer cité par Paul est celui de l’inconduite sexuelle. Donnée par Dieu, la sexualité est réservée au cadre unique du mariage entre un homme et une femme. A cause du péché, ce cadre, depuis longtemps et de bien des manières, a été pulvérisé. Il est du devoir du chrétien, habité par la pensée et la vie de Dieu, de le réhabiliter. Suite à l’inconduite sexuelle, Paul dénonce tout ce qui en nous porte la marque du mal et de l’idolâtrie. Dans ce domaine, l’apôtre estime que la cupidité, l’amour de l’argent, occupe la place première. Il y a peu de risque en effet qu’un véritable enfant de Dieu se mette à adorer des statues de faux dieux. Beaucoup, par contre, peuvent être tentés d’accorder aux richesses et aux biens matériels un amour et une valeur qui ne devraient revenir qu’à Dieu : cf Matthieu 6,24.

Paul rappelle que les péchés qu’il dénonce ne sont pas anodins. C’est, dit-il, à cause d’eux que la colère de Dieu vient sur les rebelles. Nés de nouveau, les enfants de Dieu ont à se séparer de manière radicale des passions anciennes qui les habitaient. Il ne doit plus, d’aucune manière, y avoir en eux de tolérance à leur égard, comme il n’y en a pas chez Dieu. De ce nombre fait aussi partie tout ce qui relève d’une réaction charnelle à une contrariété : colère, malfaisance, médisance, calomnie ou paroles grossières et choquantes. C’est sur les faits et la réalité de sa vie nouvelle que l’enfant de Dieu révèlera la nouvelle identité qui est la sienne. Sans ces preuves, il pourra toujours attester qu’il est réellement un être nouveau : il y a peu de chance qu’il soit cru.

Parce que notre père ancien était le Menteur : Jean 8,44, l’une des caractéristiques fortes de notre vie passée était le mensonge. Dépouillés désormais de l’homme ancien, nous sommes appelés à nous défaire de l’état d’esprit dans lequel il agissait. Ce qui oriente notre façon d’agir désormais ne procède plus de nous-mêmes, mais de la connaissance de Celui qui vit en nous. En Lui, nous avons été recréés. Nous possédons une nature nouvelle qui, chaque jour, se renouvelle au contact de Sa vie. Au bénéfice d’une œuvre continuelle de régénération,  notre être tend chaque jour à une transformation de plus en plus conforme à Son image et à Sa ressemblance. Tout ce qui nous séparait les uns des autres de manière naturelle n’a désormais plus cours. Il n’y a plus dans le nouveau peuple de Dieu de différences ethniques, raciales, sociales, mais une seule réalité, un seul dénominateur commun : Christ est tout en tous. Que cette évidence puisse être auprès de ceux qui ne Le connaissent pas la force du témoignage de l’Eglise de Jésus-Christ !

V 12 à 17 : les effets de la vie nouvelle dans la communauté chrétienne

S’il y a un lieu où la réalité de la vie nouvelle qui habite les enfants de Dieu doit être visible, c’est bien la communauté chrétienne. La communauté chrétienne n’est pas seulement une communauté de pécheurs sauvés par grâce. C’est, rappelle Paul, une communauté d’élus de Dieu, saints et bien-aimés. C’est une société de personnes qui portent les caractéristiques d’une identité qui ne se trouve nulle part ailleurs. L’Eglise, dira Paul ailleurs, n’est pas une institution humaine. C’est la maison du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité : 1 Timothée 3,15. Si donc il y a un endroit où peut être faite la démonstration de la vérité de l’Evangile par les fruits qu’il porte dans des vies, c’est dans l’Eglise qu’elle doit se trouver.

Pour se faire, Paul a raison de porter le premier accent sur l’identité nouvelle dont sont parés les enfants de Dieu. Ce n’est que lorsque chacun d’eux a compris qui il est en Jésus-Christ qu’il est capable, dans sa relation avec les autres, de faire preuve des qualités et des vertus qui ont cours dans la famille de Dieu. La première de toutes, dit Paul, est la miséricorde. La miséricorde est le sentiment qui est à l’origine de la grâce dont chaque enfant de Dieu a été l’objet. Elle est l’une des qualités relatives à Dieu les plus souvent citées dans Ses rapports avec Son peuple : Exode 34,6 ; Psaume 86,15 ; 103,8 ; 116,5. Il n’est donc pas étrange que ce soit elle qui prime dans les relations entre membres de Sa famille. Celles que Paul cite ensuite découlent toutes d’elle. Gagnés à Christ par la miséricorde de Dieu, les enfants de Dieu ont à faire preuve entre eux de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Constamment, ils doivent se souvenir que la grâce dont ils sont l’objet est aussi celle qui doit conditionner leur relation avec leurs frères. Certes, la communauté de Dieu n’est pas parfaite. Il s’y trouve encore beaucoup de faiblesses et d’imperfections. Elles sont l’occasion de mettre en valeur aux yeux du monde la beauté de l’Evangile, la réalité pratique de la vie nouvelle qui habite les enfants de Dieu, image de celle qui était en Jésus-Christ.

Par-dessus tout, il faut, insiste Paul, que les enfants de Dieu se revêtent, tel un habit qu’ils portent en tout temps, de l’amour. Un frère doit-il être repris pour sa conduite ? Une vérité doit-elle être délivrée depuis la chaire ? Un chrétien faible doit-il être accompagné ? Un frère, une sœur doivent-ils être secourus matériellement ? Que l’amour soit et reste la motivation qui anime dans l’Eglise toute démarche, toute action des uns envers les autres ! Sans l’amour, l’Eglise peut certes fonctionner. Les rencontres autour de la Parole de Dieu, les réunions de prière peuvent se poursuivre et des œuvres se perpétuer. Mais qui a perdu l’amour a perdu l’essentiel, le parfum agréable qui émane de ce qui est fait : 1 Corinthiens 13,1 à 3. La perte de l’amour est la cause, le commencement de tout déclin dans la vie de l’Eglise : Apocalypse 2,4. Sans amour, il peut y avoir du bruit, des activités, des paroles, des actes. Mais il n’y a plus rien qui fait le lien entre eux. L’amour est le ciment de la communauté chrétienne, le liant qui lui donne sa force, son unité. L’amour est l’attache qui rend l’Eglise parfaite, digne de Celui qui en est la Tête. Prions et travaillons à ce que, jamais, il ne manque au milieu de nous !

Outre la priorité de l’amour, l’apôtre Paul poursuit ses recommandations à l’Eglise de Colosses quant à ce qui doit se trouver en elle, pour être cette société nouvelle qui exprime la vie qui a cours dans le royaume de Dieu, par quatre injonctions. Paul demande :

1.       Que la paix du Christ, à laquelle les Colossiens ont été appelés, règne dans leur cœur.  Cette paix du Christ est à la fois la condition et la preuve de l’unité du corps. Elle est le signe dans l’Eglise que Christ est bien la Tête et le Seigneur de chaque membre. Nous pouvons dans nos prières invoquer Jésus comme notre Seigneur : si nous sommes animés d’un esprit querelleur et revanchard envers nos frères, nous démentons par notre comportement ce que nous professons par nos lèvres. Soyons de ceux qui, dans la communauté chrétienne, procurent la paix. C’est de cette manière, dit Jésus, que nous serons reconnus pour des fils de Dieu : Matthieu 5,9

2.       Qu’ils soient reconnaissants. La reconnaissance devrait être l’état d’esprit qui domine de manière permanente dans l’Eglise. Nul, en effet, n’a plus de raisons de se réjouir ici-bas de ce qu’il possède que l’enfant de Dieu. Tout incroyant qui entre dans l’Eglise de Jésus-Christ devrait le remarquer : la différence qui existe entre les enfants de Dieu et ceux du diable tient à ce que les premiers ne se plaignent jamais, mais louent Dieu sans cesse inversement aux seconds. « Rendez grâces en toutes choses, dira Paul ailleurs, car c’est là la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ : 1 Thessaloniciens 5,18.

3.       Que la parole du Christ habite en eux avec toute sa richesse. Pour se faire, Paul en indique la voie la plus fructueuse. C’est à ses yeux celle du chant. Le chant possède un pouvoir que la prédication la meilleure ne possède pas : celui de graver dans les cœurs et les esprits les paroles qui le composent. Le chant dans l’Eglise ne devrait pas être simplement perçu comme une expression de louange envers Dieu. Le chant est aussi un support pour l’instruction, l’exhortation. C’est pourquoi aussi les psaumes, les hymnes anciens sont si riches sur le plan de l’enseignement, du témoignage ou de la théologie. La richesse du contenu des cantiques que nous utilisons devrait être un des critères prioritaires de choix quant à leur sélection dans le recueil que nous proposons d’utiliser en église.

4.       Que quoi qu’il fasse en parole ou en œuvre, tout soit fait au nom du Seigneur Jésus et dans l’action de grâce envers le Père. Outre des adorateurs, les enfants de Dieu sont appelés à être des témoins de Jésus. Le but de la communauté chrétienne ne devrait jamais être d’être admirée pour elle-même. Tout ce qui émane d’elle et qui la rend belle et attirante aux yeux des incrédules n’a qu’un but : témoigner de Jésus. Car c’est Lui l’Auteur de la vie et du fruit qui s’y trouve. Quel que soit le bien ou le témoignage qu’on nous rende, ne volons jamais à Jésus la gloire qui Lui revient. Nous commettrions ici une faute pire que celle commise par ceux qui ne Le connaissent pas, et qui s’attribuent à eux seuls le mérite de ce qu’ils sont.

V 18 à 21 : les effets de la vie nouvelle dans le cercle familial

Les recommandations que fait Paul aux différentes personnes qui composent le cercle familial rejoignent celles que l’on trouve par ailleurs dans le reste du Nouveau Testament :

-          Les femmes sont appelées à être soumises à leurs maris. C’est là ce qui convient au Seigneur, ce qui Lui est agréable : Ephésiens 5,22 à 24 ; 1 Pierre 3,1.5 ; Tite 2,5. Paul, dans sa première lettre à Timothée, justifie cette ordonnance divine à l’égard de la femme de deux manières. Elle est d’abord liée à l’ordre qui a prévalu dans la création : l’homme a été créé le premier avant la femme. Elle tient aussi aux faits qui ont conduit l’humanité à la chute : c’est Eve séduite, qui, la première, a transgressé l’ordre de Dieu : 1 Timothée 2,12 à 15. Pour ces deux raisons, la femme ne doit pas dominer sur l’homme, mais lui être soumise.
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-          Les maris se doivent d’aimer leurs femmes et de ne pas s’irriter contre elles. Paul précise dans sa lettre aux éphésiens quel modèle le mari doit suivre, en termes d’amour, à l’égard de son épouse, pour satisfaire à la volonté de Dieu : « Maris, dit-il, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Eglise. Il s’est livré lui-même pour elle… : Ephésiens 5,25. » Si la femme doit être soumise à son mari, notons que c’est au mari à qui est ordonnée l’exigence la plus élevée dans une vie de couple conforme à la pensée et à la nature de Dieu.

-          Les enfants sont appelés à obéir à leurs parents, tout comme le fera Jésus dans son enfance : Luc 2,51. Pour l’apôtre, les enfants comme les adultes participent au témoignage qui doit être rendu à Christ dans le cadre du cercle familial. Même s’ils sont jeunes, ils sont capables de faire preuve de responsabilité dans leur comportement à l’égard de leurs parents. Une famille chrétienne est un ensemble. Et c’est ensemble que, dans le cercle familial, nous reflétons les vertus de la vie nouvelle que nous avons reçue de Dieu.

-          Les pères sont exhortés à ne pas exaspérer leurs enfants pour ne pas les décourager. L’enfant n’est pas un adulte. Il n’en a ni la maturité, ni la force. Les exigences des pères à l’égard de leurs enfants doivent en tenir compte. L’éducation, pour être bonne, doit englober tous les paramètres qui composent la réalité de la vie de nos enfants. Il doit en être de notre attitude et de nos exigences à leur égard comme de celles de Dieu envers nous. Il n’attend pas de nous ce qu’Il sait que nous ne pouvons produire. Il ne nous condamne pas quand nous échouons, mais fait preuve envers nous de grâce et de patience. Que Son attitude de Père soit pour nous source d’inspiration pour notre conduite envers nos enfants.

Il est notoire que ce soit le cercle familial qui, le premier, soit mentionné dans le projet de Dieu de faire de l’Eglise une société qui reflète la vie et les vertus qui ont cours dans le Royaume de Dieu et la Divinité. C’est ici, en effet, que celle-ci fait et donne ses preuves. Echouer dans ce cadre-là, c’est échouer partout. C’est se rendre inapte à exercer des responsabilités dans la maison de Dieu : 1 Timothée 3,4-5. Que Dieu fasse de nos familles des lieux où Christ puisse être vu et glorifié !

V 22 à 25 : les effets de la vie nouvelle dans le cadre sociétal

Hors du cadre familial, c’est dans son milieu professionnel que l’enfant de Dieu passe le plus de temps au contact des autres. Certes, les conditions dans lesquelles les employés exercent leur activité aujourd’hui diffèrent de celles des personnes auxquelles s’adresse l’apôtre ici. Il n’y avait au temps où Paul parle ni code du travail, ni syndicats pour défendre la cause des travailleurs face aux abus éventuels des patrons. Les employés étaient des esclaves qui ne s’appartenaient pas, mais qui étaient entièrement dévoués au service de leurs maîtres. Au vu de cette réalité, les recommandations de Paul à leur encontre sont d’autant plus applicables aux enfants de Dieu de notre temps. En effet, qui peut le plus dans des conditions difficiles peut autant quand elles sont plus aisées.


Que recommande Paul aux esclaves croyants qui puisse témoigner de la réalité de la vie nouvelle qui les habite et magnifier Christ aux yeux de leurs maîtres ? Quoi qu’ils soient au service d’un homme, il les appelle à ne pas considérer leur position de cette manière. Racheté par Christ, le croyant a Christ comme véritable Seigneur. C’est à Lui qu’il doit donc chercher en priorité à plaire dans tout ce qu’il fait. Même si son maître ne le voit pas ou n’est pas présent, l’esclave croyant doit avoir conscience qu’à chaque instant son Seigneur le voit. Aussi, doit-il tout faire, comme Joseph dans la maison de Potiphar, pour ne pas pécher contre Dieu, puisque c’est à Lui, ultimement, qu’il devra rendre compte de ses actes : Genèse 39,9. Il est également possible que, dans son service, le croyant ne soit pas rétribué justement ou en proportion du travail qu’il fournit. Qu’il ne s’en afflige pas pour autant ! Son Seigneur a vu son zèle, sa conscience professionnelle, son sérieux dans le service, sa fidélité et son intégrité. C’est de Lui qu’il recevra, le moment venu, sa récompense qui dépassera largement, en termes de gratification, tout ce qu’il aurait pu espérer obtenir. Ainsi, qui que ce soit que nous servions sur le plan humain, que ce soit à Christ seul que nous cherchions à plaire et d’être agréé !