Applications pratiques :
Après avoir défini les principes spirituels sur lesquels repose le changement de comportement attendu par le Seigneur dans la vie de ceux qui L’ont reçu, Paul entre maintenant dans le concret de la vie pour nous dresser la liste des choses qui doivent remplacer celles qui, à cause du Saint-Esprit et de la vie nouvelle reçue, n’ont plus lieu d’être. Rappelons que ce n’est que par le remplacement des comportements anciens par des nouveaux que se prouve et se traduit, aux yeux de ceux qui nous observent, la réalité du changement de vie que nous professons.
1er remplacement par ordre d’importance : la vérité en place du mensonge : v 25.
Prov 6,16-19 : parmi les sept choses mentionnées comme haïes de Dieu, notons que deux ont directement trait au mensonge. Plus que tout, le mensonge est sans nul doute le péché qui doit en premier disparaître de la vie du chrétien. Car, dit Jésus, le mensonge est le reflet même de la nature profonde du diable : Jean 8,44, tandis que la vérité est la caractéristique dominante de l’Esprit de Dieu : Jean 16,12-13. Il est à la fois impossible et inconcevable qu’un chrétien né de nouveau et habité par l’Esprit de Dieu continue à pratiquer et vivre dans le mensonge.
Notons que si la vérité est une, le mensonge est, quant à lui, multiforme. Il se traduit aussi bien par la ruse : Gen 3,1, que par l’hypocrisie : Mat 23,3, la fraude : Actes 13,10, la mauvaise foi : 1 Sam 15,13 à 15, la malhonnêteté : 1 Thes 4,6, la dissimulation : Actes 5,1 à 10, les demi-vérités : Gen 3,5, les exagérations : Prov 22,13, la simulation : 2 Sam 3,27, auxquels on peut encore ajouter toutes les formes de paroles qui nuisent à la réputation de notre prochain : calomnies (qui est le fait de colporter des choses fausses sur quelqu’un) : Prov 10,18, médisances (qui est le fait de tenir sur quelqu’un des propos malveillants) : 1 Pier 2,1.
L’une des raisons pour lesquelles le mensonge doit absolument être rejeté dans le Corps de Christ est qu’il nuit plus que tout à l’intégrité même de ce Corps : cf Matthieu 12,26. « Si l’œil voit un serpent, cherche-t-il à tromper le pied ? Si la langue goûte une substance amère, cherche-t-elle à tromper l’estomac ? demande Jean Chrysostome (4ème siècle). » Chaque fois que nous ne sommes pas vrais les uns envers les autres, nous causon à la fois des dommages à la personne à qui nous parlons, à nous-mêmes et à l’unité entière de l’Eglise.
2ème remplacement : la colère qui dure en une colère vite réglée : v 26 et 27
La colère fait partie des émotions normales et naturelles de la vie. Preuve en est par le fait que Dieu : Nomb 11,10, Moïse : Exode 32,19 et Jésus eux-mêmes : Marc 3,5 se sont, dans certaines situations, mis en colère. La colère juste est la juste réaction d’un cœur sensible à l’amour et la vérité face au scandale que représentent pour lui la fausseté, la dureté ou la trahison.
Si Dieu conçoit que nous puissions, en tant que chrétiens, nous mettre en colère, l’apôtre Paul préconise à l’égard de celle-ci deux attitudes :
- la 1ère est que nous ne devrions jamais rester dans un état de colère plus que 24 heures (ou même 12 heures). Réconcilié avec Dieu, l’enfant de Dieu doit refuser d’entretenir à long terme des sentiments qui pourraient être un obstacle à la résolution des conflits dans lesquels il pourrait être engagé : il doit donc abandonner la colère : Psaume 37,8.
- La seconde est que, dans la vie courante, il doit viser à apprendre à maîtriser ses réactions naturelles et refuser donc de réagir par la colère : v 31.
Paul lie l’exige qu’il donne ici à la colère à un avertissement solennel. Rien n’ouvre davantage la porte à Satan en nous que la colère. Preuve en est par l’exemple donné par le premier meurtrier de l’histoire : Caïn : Genèse 4,7-8. Si la colère exprimée est la racine de toutes les violences, de tous les meurtres, de tous les coups : Mat 5,21-22, celle refoulée et non réglée est la mère de toutes les rancoeurs, amertumes et dépressions : 1 Rois 21,4. Quelle que soit sa forme, la colère non abandonnée est toujours destructrice.
3ème remplacement : le vol par le travail et la libéralité : v 28
S’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, il est évident que ceux qui volent ou qui ne travaillent pas sont privés d’une des sources de joie les plus grandes de la vie : celle qui consiste à pouvoir faire du bien aux autres grâce à l’argent justement acquis par son travail.
Il est indéniable, qu’au regard de la société, l’un des changements les plus constatables du fait qu’une personne a réellement changé en profondeur de mentalité est son attitude envers le travail. Car c’est le travail, et non l’assistanat ou la fraude, qui est, dans la pensée de Dieu, le moyen normatif par lequel on subvient à ses besoins comme à ceux de sa famille : Exode 20,9. Celui donc qui ne veut pas travailler, alors qu’il en a les moyens, ne devrait donc pas manger non plus : 2 Thes 3,10. Disant cela, Paul ne condamne pas les chômeurs par nécessité, mais ceux qui ne manifestent, alors qu’ils en ont les moyens, aucune intention de mettre un terme à cet état, mais qui, au contraire, continuent à se complaire à vivre de l’assistance ou de la générosité des autres : cf Mat 20,6-7. L’enfant de Dieu qui veut être un témoin doit ainsi viser à agir dans la société de façon responsable en cherchant lui-même, par son activité, à pourvoir à ses besoins.
4ème remplacement : les paroles mauvaises par les paroles édifiantes
C’est, dit Jésus, de l’abondance du cœur que la bouche parle : Mat 12,34 ; Luc 6,45. Si de la bouche des hommes non régénérés, il ne peut que sortir des paroles blessantes, des insanités, des grossièretés, des injures, des blasphèmes, des moqueries ou des propos grivois ou négatifs : Ephés 5,4 ; Marc 3,28, le chrétien se démarquera par le fait que ses paroles seront empreintes de mesure, de sobriété et de respect aussi bien envers Dieu qu’envers la personne humaine.
Petit membre, la langue est, dit Jacques, celui qui, dans le corps, est le plus difficile à maîtriser : Jacques 3,3 à 8. Il est donc l’un des organes du corps par lequel nous risquons le plus d’attrister l’Esprit de Dieu que la Bible compare à la douceur et la blancheur de la colombe : Ephés 4,30 ; Mat 3,16. Le changement de manière de parler comme de contenu à nos paroles est l’une des marques les plus visibles du changement de vie qui s’est opéré en nous.
5ème remplacement : la dureté envers autrui par la bienveillance à l’exemple de Dieu pour nous en Christ
Après les paroles, Paul vise le changement plus profond qui doit s’opérer dans le cœur du croyant s’il veut être un témoin, c’est-à-dire un imitateur de Dieu par sa vie : 5,1. Ce changement touche aux sentiments négatifs qui, nourris, conduisent ensuite aux façons d’agir mauvaises déjà citées : animosité, colère, calomnie et tout autre comportement malveillant.
Par la force de la grâce et de la bienveillance dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, Paul nous dit que nous devons refuser à toute forme d’amertume, de rancune et de rancœur de s’installer chez nous. Ayant été l’objet d’une remise de dette infinie de la part de Dieu, nous devons refuser de penser que qui que ce soit, dans quelque domaine que ce soit, nous soit redevable de quoi que ce soit : Mat 18,23 à 35.
S’il y a un domaine dans laquelle la connaissance de la grâce de Dieu peut agir comme un véritable antidote, c’est bien, montre l’épître aux hébreux, celui de l’amertume : Hébr 12,15. Comme il en est des mauvaises herbes dans un jardin, c’est à la racine que doit être traitée la mauvaise plante de l’amertume dans notre vie. Or, la racine est la partie de la plante non visible, celle qui est cachée en terre et qui nourrit le reste du plant. Il faut donc le savoir : tout traitement (confession superficielle, résolution humaine…) qui ne vise pas à éradiquer, assécher ou dévitaliser les racines de l’amertume, s’avérera à long terme inutile. Seule la prise de conscience de la richesse de la bonté de Dieu peut nous amener, au lieu de nous venger et d’être amer, à nous montrer bons envers les autres… même s’ils n’en sont pas dignes, comme Dieu se l’est montré en Christ pour nous : Ephés 5,1.
6ème remplacement : l’inconduite sexuelle par la sainteté : v 3 à 5
S’il y a un domaine dans lequel la sainteté est la plus malmenée dans le monde, c’est le domaine de la sexualité. Mis à part les péchés qui touchent à l’occultisme, les péchés d’ordre sexuel apparaissent comme ceux qui sont perçus par Dieu comme les plus abominables : Lév 20,6 à 21. Aussi, toute relation autre que celle que Dieu a défini et voulue pour l’homme et la femme dans le seul cadre du mariage doit être bannie dans le cadre de la communauté chrétienne : Genèse 2,24.
Si les actes sont en premier concernés par l’interdit de Paul, celui-ci ne se limite pas à eux, mais s’étend à d’autres domaines qui pourraient être concernés par la souillure d’ordre sexuel. Ce sont par exemple les paroles : v 4, ou la convoitise qui émane du regard : Mat 5,27 à 29 ; Job 31,1. Saisissons pleinement la mesure de la distance qui sépare les critères divins des pratiques laxistes de nos contemporains, car s’il y a un domaine de la vie dans lequel la société chrétienne doit se montrer, à la fois différente et épanouie, c’est bien celui-ci : cf 1 Cor 5,1.
Conclusion :
Notons pour conclure que, dans la pensée de Paul, tous les standards qu’il met sous nos yeux, ne sont pas des choix optionnels. Les anciens comportement qu’ils dénoncent ne doivent pas seulement être atténués, ils doivent disparaître : le voleur ne doit plus voler… aucune parole malsaine ne doit sortir de notre bouche… l’amertume, la colère, etc, doivent être ôtées du milieu de nous.. l’inconduite sexuelle ne doit pas même être mentionnée parmi nous. C’est à un radicalisme absolu envers notre ancienne manière d’être que la Parole de Dieu et l’Esprit de Christ nous appellent.




