vendredi 27 mars 2009

Ephésiens 1,3 à 14


Texte biblique

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus–Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ !
4 En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui,
5 nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus–Christ, selon le bon plaisir de sa volonté,
6 à la louange de la gloire de sa grâce qu'il nous a accordée en son bien–aimé.
7 En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce,
8 que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d’intelligence,
9 nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en lui–même,
10 pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre.
11 En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté,
12 afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ.
13 En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint–Esprit qui avait été promis,
lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire.

Etude

Les privilèges qui sont les nôtres en Christ !

1. INTRO :

Après la salutation, Paul introduit directement son épître par la louange. Si l’on sait qu’au moment où Paul écrit cette épître, il se trouve à Rome, dans une prison, attendant le jugement qui scellera son sort, que nous indique la façon dont Paul fait l’entrée en matière de sa lettre ?

S’il y a une chose dont le croyant doit être conscient, ce sont bien les bénédictions, les richesses spirituelles dont il est l’objet dans le Christ. Ici-bas, le chrétien peut passer par bien des épreuves et des situations qui, à vue humaine, n’auront rien d’enviable pour le non chrétien. Mais le chrétien possède un avantage inestimable sur le non chrétien : il a, dans le Christ, un trésor, des richesses, une possession que le monde et tous ses avantages sont incapables, d’aucune manière, de lui offrir.

C’est la liste de ses trésors et de ses richesses invisibles, inaccessibles aux non croyants que Paul dresse et énumère ici. Avec une première idée : plus nous sommes conscients de ce que nous avons en Christ, moins il sera possible à l’adversité d’affecter en profondeur la joie et le moral de notre âme. On pourrait même dire que c’est le contraire qui se produit. Plus le chrétien est privé des bienfaits que pourrait lui procurer la vie ici-bas, plus les richesses inaltérables, intouchables qu’il possède par le Christ lui apparaissent comme ce qu’elles sont : un trésor inestimable : cf Matthieu 6,19 à 21.

Dans la période de crise que nous traversons, période dans laquelle chacun cherche quelle est la meilleure valeur refuge qui pourra garantir sa sécurité et son avenir, Paul nous encourage, comme il le fait lui-même du fond de sa prison, de rayonner de la joie et de la richesse qui est la nôtre d’être en Christ !

2. V 3 : Source et lieu de nos bénédictions :

Nous avons dans le verset 3 l’indication de la source et du lieu où se trouve les bénédictions dont, en tant que croyants en Christ, nous sommes l’objet :

Source : Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ…

Que pouvons-nous apprendre de l’intitulé de cette source ?

1. elle est clairement identifiée : le Dieu qui bénit les chrétiens n’est pas n’importe quel Dieu. Il a une désignation précise :

- C’est le Dieu qui était l’objet de la foi de Jésus-Christ. Alors que nous annonçons l’Evangile, il nous arrive de manière assez courante de rencontrer des personnes qui nous disent croire en Dieu. La question se pose cependant pour nous : le Dieu auquel elles croient est-il bien le Dieu de Jésus-Christ ? Correspond il bien à la Personne, au portrait du Dieu auquel croyait Jésus et dont Il parlait ?

Si, en priorité, c’est à l’égard des autres croyants en Dieu que la question se pose, elle ne leur est pas seulement réservée. Comme le montrent les nombreuses épîtres de Paul, il se peut que beaucoup de vrais croyants en Jésus-Christ soient aussi habités par de fausses idées au sujet de Dieu et manifestent ainsi un déséquilibre certain qui se répercute dans leur vie chrétienne : une mauvaise conception de la grâce de Dieu, une conscience affaiblie de Sa justice, de Sa sainteté, de Son attachement à la vérité…

La source de toute erreur comme de tout dérèglement dans la vie des croyants vient ainsi toujours d’une conception faussée, déséquilibrée de Dieu. Aussi nous faut-il nous référer, pour être le plus exact possible dans notre compréhension de Dieu, au Dieu de Jésus-Christ. La foi de Jésus-Christ au sujet de Dieu est le mètre étalon juste de la connaissance de Dieu.

- C’est le Dieu qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Cette indication supplémentaire atteste pour nous deux choses :
l’identification de nature parfaite existant entre le Père et Jésus. Comme le Père est glorifié en tant que Dieu par Jésus, Jésus est glorifié en tant que Fils par le Père
le médiateur parfait qu’est le Fils :
. pour Dieu : par Lui, Il peut nous faire part des bénédictions dont Il veut nous gratifier dans la foi
. pour nous : Par Lui, nous pouvons avoir accès aux richesses qui sont en Dieu et qui, sans Lui, nous seraient totalement inaccessibles.

Lieu : les lieux célestes, en Christ :

Les lieux célestes est une expression propre à l’épître aux Ephésiens. Elle revient 5 fois dans la lettre alors qu’on ne la rencontre pas dans les autres épîtres de Paul : Ephés 1,3.20 ;2,6 ; 3,10 ; 6,12. Si l’apôtre Paul a choisi d’utiliser ici cette expression, c’est essentiellement en opposition avec le lieu terrestre où nous vivons. Les lieux célestes sont cette partie de la réalité du monde qui n’est pas matérielle, confinée à un lieu physique. C’est, pourrait-on dire aussi, le monde spirituel, invisible. Dans les lieux célestes se trouvent, en effet, à la fois tout ce que Dieu a en réserve pour nous et la source de tout ce qui nous est hostile : le monde des puissances mauvaises : 6,12.

C’est pourquoi il nous faut plus que l’indication " les lieux célestes " pour situer le lieu exact où se trouve les richesses que Dieu tient en réserve pour nous. Ses richesses sont dans les lieux célestes, en Christ. Il y a dans le monde spirituel, beaucoup d’adresses d’entités vers lesquels les hommes s’orientent pour avoir accès à Dieu. L’apôtre Paul nous indique qu’une seule convient : Jésus-Christ : Actes 4,12 ; Jean 14,6 ; 1 Tim 2,5.

De l’indication de Paul au sujet du lieu où se trouve les bénédictions qui sont en réserve pour nous, nous devons retenir deux choses essentielles :

- les bénédictions dont Dieu veut nous gratifier ne sont pas matérielles, mais spirituelles, non de cette terre, mais du ciel. L’Evangile que Paul prêche n’a rien à voir avec un évangile de prospérité matérielle.
- C’est en Christ et en aucun autre nom ou médiateur (que ce soit Marie, un saint, un guru, un prêtre, un prophète…) que Dieu a déposé toutes les richesses dont Il veut nous faire part dans la foi.

3. V 4 à 14 : Enumération des bénédictions qui sont nôtres en Christ :

L’énumération par Paul des bénédictions qui sont les nôtres en Christ suit un double procédé :

1. Paul commence à nous dire, dans les bénédictions qu’il énumère, ce qui revient au Père, puis au Fils et, pour terminer, au Saint-Esprit.
2. Paul ne se contente pas d’énumérer les bénédictions spirituelles dont nous sommes l’objet. Il précise aussi chaque fois dans quelle optique Dieu nous en fait part.

1ère bénédiction due au Père : v 4

Contenu : Dans le Fils, Dieu nous a choisi (élus) avant la fondation du monde.

Avec la première bénédiction, nous entrons déjà de plein pied dans le cœur du mystère qui est l’objet de l’épître. Alors que nous vivons dans le temps et que nous pouvons dater, avec une quasi certitude, le jour ou l’époque où débuta notre relation avec Dieu, Paul nous dit que c’est avant que le temps et le monde ne soient que, déjà, Dieu, en Christ, nous a choisi.

Qu’est ce qu’une telle phrase suppose ? Est-elle de la part de Dieu l’expression d’un choix arbitraire ? Non ! Ce que Paul signifie est que, avant que le monde ne soit, en Christ, dans les vues qu’Il avait pour Son Fils, Dieu avait fait le choix, en quelque sorte de Le multiplier, par de nombreux frères en qui Son image serait reproduite : Hébreux 2,10. De même que Eve, l’épouse, l’image et le complément d’Adam, est sortie de lui, Dieu avait prévu en Christ de faire sortir de Lui l’Epouse éternelle qui serait son vis-à-vis, cela avant même que le monde où devait se produire ces choses ait connu le moindre commencement.

But : pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui :

Le but affiché de Dieu cadre exactement avec la raison du choix de notre élection. Notons bien ici que lorsque Dieu parle d’élection, Il ne relie pas cet acte au salut ou à la perdition, mais à la formation en nous de la perfection et de la sainteté. En Christ, Il existe depuis toujours un projet de Dieu qui a pour objet une famille dont les caractéristiques de chaque membre sera de porter la ressemblance du Fils éternel de Dieu.

2ème bénédiction du Père : l’adoption filiale : v 5 et 6

Contenu : Dans Son amour, Il nous a destinés d’avance à l’adoption filiale

Le projet de Dieu étant énoncé dans le verset précédent, Paul nous dit par quelle procédure, celui-ci pourrait se réaliser. Parce que, selon l’Ecriture, Jésus-Christ est présenté comme le seul Fils engendré de Dieu : Psaume 2,7 ; Hébreux 1,5, c’est par le processus de l’adoption que se réaliserait le plan de Dieu à notre égard. Cette procédure, exposée par Paul, semble ici ne rien à voir avec le péché. Elle fait encore partie des choses qui étaient prévues dans le plan de Dieu avant la fondation du monde.

But : afin de célébrer la gloire de Sa grâce dont Il nous a comblés en Son bien-aimé :

Notre sujet principal d’émerveillement à propos de la grâce vient souvent du pardon dont nous sommes l’objet en Christ à cause de nos péchés. Nous nous trompons cependant énormément si nous pensons que seule l’irruption du péché nous aurait permis d’apprécier la grâce de Dieu. Sans le péché, le simple fait d’être au bénéfice éternel du projet de Dieu en Christ aurait été pour nous une occasion d’émerveillement renouvelée et incessante de la grâce dont nous sommes l’objet, de par Dieu, en Christ. Le projet d’adoption de Dieu en notre faveur avait comme objet de créer en nous une célébration éternelle : la célébration de cœurs admiratifs de la grâce éternelle dont ils ont été l’objet en Christ.

1ère bénédiction due au Fils : la rédemption par son sang : v 7 à 10

Contenu : pardon et renouvellement

Si, avant même que le monde ne soit créé et que le péché n’y soit entré, nous étions l’objet de la grâce, par le péché, nous sommes désormais l’objet de toute la richesse de la grâce. Bien qu’en lui-même le péché soit une chose mauvaise, négative, il a provoqué, contre son intention, la manifestation de la chose la plus grande qui soit dans l’univers : l’obligation divine en Christ de révéler les ressources insoupçonnées de la grâce de Dieu. L’irruption du péché dans le monde a donné l’occasion à Dieu de faire la preuve que Sa grâce envers nous était si grande qu’elle pouvait en absorber et en annihiler les effets : Romains 5,18 à 20. Une réalité qui, si elle est source constante d’adoration pour le croyant, ne doit jamais, par la perversion de notre pensée, être encouragement ou excuse à pécher : Rom 3,7-8 ; 6,1.

La rédemption offerte au travers du sacrifice du Christ, la porte s’ouvre pour nous à l’accès d’une nouvelle bénédiction : celle d’être, par le Saint-Esprit, au bénéfice d’une sagesse et d’une intelligence spirituelle. Etre réconcilié avec Dieu par Christ, ce n’est pas, montre Paul, seulement être pardonné et racheté : c’est aussi avoir désormais accès à la pensée même de Dieu : 1 Cor 2,10 à 16. A quoi, à terme en effet, nous servirait-il d’avoir nos péchés passés pardonnés, si, en même temps, nous n’avions pas intérieurement la possibilité d’être renouvelé dans notre façon de penser : Rom 12,2 ? La richesse de la grâce dont nous sommes l’objet en Christ est un don qui répond à tous les besoins de notre situation. Elle inclut, non seulement la rédemption et le pardon de nos fautes, mais le renouvellement de notre intelligence afin que, connectés à Dieu, nous pensions autrement pour agir ensuite autrement : un thème également cher à Paul dans cette épître : Ephés 4,17 à 24.

But : nous faire connaître (comprendre) le projet dont nous sommes l’objet

La pensée de Christ étant donné aux croyants par le Saint-Esprit, Paul définit ici la finalité de ce don. Certes, le Saint-Esprit nous équipe pour vivre la vie chrétienne. Mais Son apport essentiel est de nous amener à comprendre le projet que Dieu avait en Christ de tout récapituler, tant ce qui est dans les cieux que ce qui est sur la terre. Le but final de la venue du Christ est l’unité et l’harmonie de l’univers, sous la direction de Dieu : 1 Cor 15,22 à 28. Manifestement, l’objectif de Dieu par le Saint-Esprit est de nous amener à placer notre vie au-delà du cercle étroit de notre petit égo ou même des limites du monde présent. Il veut que nous situions notre existence dans l’orbite du dessein cosmique qu’Il s’est proposé en Christ. Si la terre tourne sur elle-même, elle tourne aussi autour du soleil Ce n’est pas nous seulement qui sommes le centre de notre vie : c’est le projet de Dieu en Christ !

2ème bénédiction due au Fils : être co-héritiers avec Christ : v 11 et 12 ; Rom 8,17

Contenu : notre héritage

Etant élevé par la grâce au rang de frères du Christ, nous sommes héritiers avec Lui de toutes les richesses qui sont en Dieu. Tout ce que le Père a est à moi, a dit Jésus : Jean 16,15. En Lui, tout ce que le Père a est aussi à nous !

But : célébrer Sa gloire

Pour la seconde fois, cette fois-ci en lien avec les bénédictions reçues par le Fils, Paul nous indique que la célébration de la gloire de Dieu est le but final de tous Ses dons. La rédemption opérée par le Christ permet à Dieu notre réintégration dans le projet qu’Il avait pour notre création, projet dont la finalité est la célébration de sa gloire.

Bénédiction due au Saint-Esprit : v 13 et 14

Contenu : notre sécurité éternelle :

Mises à part la sagesse et l’intelligence spirituelle, l’objectif premier du don du Saint-Esprit est d’assurer la garantie de notre salut. Le don du Saint-Esprit est à la fois un sceau qui fait de nous, par Sa signature, la propriété de Dieu, et un gage, un avant-goût du type de vie et de la condition qui nous attend dans le royaume de Dieu : 2 Cor 1,22 ; 5,5. En nous donnant l’Esprit, Dieu nous fait part d’avance d’un don qu’il s’engage à ne pas reprendre. C’est un acompte en attendant que le don total nous soit fait.

But : célébrer Sa gloire

Comme il en est du projet de Dieu lors de notre création, de l’œuvre qu’Il a accompli en Christ pour notre rédemption, le don du Saint-Esprit a aussi pour but final la célébration par tous les co-héritiers du Christ de Sa gloire.

Ma vie est-elle subjuguée chaque jour par la connaissance du dessein de Dieu pour moi en Christ ou se meut-elle avec la vue de ce qui est en moi et sur la terre ? C’est pour que leur entendement soit aligné sur la bonne longueur d’onde de la réalité que Paul s’emploie maintenant à prier pour les éphésiens !

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