samedi 13 juin 2009

Ephésiens 3,1 à 13


Introduction

Paul ayant partagé, dans les deux premiers chapitres de sa lettre, la compréhension qu’il avait du mystère de la volonté de Dieu, qui est de récapituler (ou réunir) toutes choses en Christ : 1,10, il ouvre ici, avant d’aborder les implications pratiques du projet de Dieu dans l’église, une parenthèse dans laquelle, parlant de lui, il nous dit comment il a eu la connaissance de ce mystère.

Deux thèmes majeurs sont ainsi traités dans ce passage :

- le 1er touche à la personne de Paul lui-même. Il nous dit qui il est et quelle est la place que Dieu lui a assigné dans la révélation au monde de son projet
- la seconde touche au projet de Dieu lui-même. Paul en rappelle à la fois l’objet et le but final.

Développement.

1. Paul : qui il est, quelle est la place que Dieu lui a assigné

La lettre de Paul aux éphésiens s’adressant essentiellement à des croyants d’origine païenne, il a semblé bon à Paul, le juif, de leur donner, par une courte présentation de lui-même, un aperçu de l’origine de sa vocation. Pour se faire, Paul va se définir de trois manières :

- Il est un prisonnier de Jésus-Christ : 3,1

L’expression se réfère en premier lieu à la situation d’incarcération dans laquelle se trouve Paul au moment où il écrit sa lettre. Derrière les mots, Paul cependant exprime plusieurs vérités relatives à sa foi et à la façon avec laquelle il regarde sa vie.

Paul est le prisonnier, non des hommes, mais de Jésus-Christ. Il signifie par là deux choses :

- la 1ère exprime la parfaite confiance de Paul dans la souveraineté de Dieu et l’autorité du Christ sur sa vie. Même si ce sont les hommes qui, par leur hostilité à l’Evangile, ont fait prisonnier Paul, celui-ci ne le conçoit pas ainsi. Il y voit, non seulement la volonté de Dieu, mais l’effet de la main bienveillante de son Seigneur : cf Philip 1,12 à 17. De loin, Paul montre ici qu’il préfère être en prison pour et avec Christ que libre sans Lui !

Si la prison était le cadre dans lequel le Seigneur avait voulu garder Paul à l’étroit, Dieu a aussi d’autres moyens à Sa disposition pour nous imposer certaines limites : maladies, handicap, limites financières, opposition d’un conjoint… Comment vivons-nous et prenons-nous ces choses ? Avons-nous la même foi que Paul pour croire qu’elles ne procèdent pas seulement du hasard ou de l’opposition humaine, mais que Jésus, notre Seigneur, est, pour des raisons que Lui connaît, Celui qui nous les impose ! Quelles que soient les limites et les contrariétés face auxquelles nous nous trouvons, souvenons-nous qu’avant d’être prisonniers des autres ou des éléments extérieurs, c’est d’abord de Jésus-Christ que nous le sommes !

- la seconde exprime de manière sous-entendue, comme le fait aussi l’apôtre Jean en Apoc 1,9, l’identification totale de Paul à l’opprobre qu’a connu Jésus avant lui.

Paul savait qu’en tant que disciple de Christ, il ne pouvait échapper aux souffrances que Jésus a connu dans ce monde : 2 Tim 1,8.11-12 ; 2,3.8-9. Concernant son statut et sa position dans le monde, il a pris consciemment le parti d’être identifié à Jésus-Christ et donc d’accepter en lui-même toutes les souffrances que cette identification implique pour lui pour l’Eglise, le projet qui est sur le cœur de Dieu : Col 1,24.

- Il est un intendant de la grâce de Dieu pour les non-juifs : v 2

Si c’est chez les Juifs que l’Evangile a, en premier, été proclamé : Rom 1,16, très clairement il apparaît que dans l’objectif de Dieu le but final est qu’il touche ensuite tous les païens : Mat 28,19 ; Actes 1,8. Aussi, comme le seigneur a choisi l’apôtre Pierre pour être l’apôtre de l’Evangile parmi les circoncis, Il a choisi Paul pour l’être au milieu des païens : Galates 2,8-9
.
Dès l’origine de son appel, il apparaît donc, même si les juifs ne sont pas écartés, que c’est vers les païens que le ministère d’évangéliste de Paul doit s’orienter : Actes 26,15 à 18 ; Rom 11,13 ; Actes 13,46 ; 18,6

Appelé à être apôtre des païens, Paul n’en était pas moins pour autant un Juif, avec des convictions juives quant à la place et au rôle spécifique de son peuple dans le plan de Dieu. Aussi n’est-il pas étonnant, qu’avant de l’envoyer parmi les païens, Dieu lui communique, par une révélation spéciale, le cadre dans lequel s’inscrivait son action : v 3. Cette raison, si elle n’est pas la seule, suffit à expliquer le parcours spécial que connaîtra Paul dès sa conversion : Galates 3,15 à 18. Le Seigneur ayant une mission originale et inédite à confier à Paul, il se devait aussi, d’une certaine façon, de le mettre aussi à part de la même manière.

Ce qu’il nous faut nous souvenir de l’exemple de Paul, c’est qu’avant de faire et d’entreprendre, Dieu veut que nous connaissions et que nous comprenions. Si faire est important, ce qui compte encore davantage pour le Seigneur, c’est que nous comprenions pourquoi nous faisons ce que nous faisons.

- Il est le moindre de tous les saints : v 8

Cette opinion qu’a Paul de lui-même, croyons-le, n’est pas une formule de fausse humilité. Si Paul se sent indigne de la vocation qui lui est adressée par le Seigneur, c’est qu’il est toujours d’une certaine manière hanté par le souvenir cuisant des chrétiens qu’il a persécuté avant sa conversion : Actes 26,11. Quel que soit l’angle sous lequel il se regardait, Paul ne se sentait jamais digne du titre que la grâce de Dieu lui permettait de porter : 1 Cor 15,9 ; 1 Tim 1,15. La traduction littérale dit : A moi, qui suis moins que le moindre de tous les saints.

Sommes-nous avides d’être utile au Seigneur, de nous voir confier par Lui le secrets de Sa connaissance ? Paul nous donne ici l’une des clés essentielles de l’accès à ces privilèges spirituels : l’humilité : Ephés 4,2 ; Phil 2,3. L’humilité véritable ne se fabrique pas : Colos 2,18. Elle est un fruit, le fruit direct de la connaissance que nous avons de nous-mêmes à la lumière de la connaissance de Dieu et de Christ : Phil 2,5 à 11.

Le mystère du Christ et de l’Eglise

Paul s’étant présenté, il revient maintenant sur le contenu de ce qui, à ses yeux, constitue le cœur de sa mission : la mise en œuvre, par la prédication de l’Evangile, du mystère de la volonté éternelle de Dieu : l’Eglise. Il nous dit ici 4 choses au sujet de ce mystère :

- la 1ère, comme déjà dit, est que c’est que ce n’est pas par un homme, ni par des déductions raisonnées qu’il en a eu connaissance, mais par révélation : v 3. Outre le projet de Dieu au sujet de l’Eglise, la révélation est le seul moyen par lequel, toujours nous connaissons Dieu ou Ses pensées : 1 Cor 2,6 à 10 ; Mat 11,25 ; Gal 1,11-12.

- La seconde est le fait que, même s’il était déjà suggéré dans l’Ancien Testament, la révélation du projet de Dieu pour l’humanité, le projet Eglise, n’avait pas été connu par les générations précédant celles du Christ, comme il l’est maintenant par eux : v 5.

L’apôtre nous rappelle par ces mots que c’est de manière progressive que la lumière de la Révélation s’est levée au cours du temps sur le monde : cf Prov 4,18. Jusqu’à ce jour, alors que, par la foi nous saisissons les grandes lignes du projet de Dieu, nous voyons encore et malgré tout de manière confuse : 1 Cor 13,12. Viendra le jour cependant où c’est dans la pleine lumière que le projet de Dieu se vivra. Que Dieu nous donne d’y être prêt !

- La 3ème est que ce projet est un projet global, universel, qui concerne tous les peuples, élu ou non : v 6. C’est là ce que Paul vient d’expliquer dans le chapitre précédent.

La 4ème est que le projet de Dieu ne touche pas que les habitant de la terre. Il inclut également ceux du ciel : v 10. Par l’Eglise, Dieu a comme projet, comme il en est de l’arc-en-ciel pour le soleil, d’offrir aux puissances spirituelles du monde invisible le spectacle de la décomposition en mille nuances de la sagesse infiniment variés qui L’habite : 1 Cor 4,9 ; 1 Pier 1,12. Cf Job 1,7

Il est impérieux, montre Paul, que chacun de nous, croyants en Jésus-Christ, soit conscient qu’il ne vit pas sa vie pour lui-même. Il fait partie d’un grand projet qui a pour finalité la révélation, devant les créatures, de la gloire de Dieu. L’Eglise est le moyen par lequel Dieu veut montrer, de manière concrète, aux anges et aux puissances qui Il est. Elle est la scène sur laquelle Dieu, de manière pratique et effective, révèle comment ce qu’Il est, dans sa relation interne Père – Fils - Saint-Esprit se traduit dans les relations entre les êtres qui vivent en communion avec Lui. " L’Eglise, chrysalide assoupie dans le cocon des siècles passés, sort de son sommeil pour devenir la cheville ouvrière de l’œuvre divine : Thomas Julien. "

En faisant sauter toutes les barrières qui séparent les être entre eux, Dieu révèle par l’Eglise le secret qui seul rend possible l’unité de l’humanité dans sa diversité !

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