mardi 7 février 2017

EPHESIENS 5

V 1 et 2 : imitez Dieu

Pour ce qui concerne l’amour et la capacité de faire grâce, nous n’avons pas à chercher loin pour trouver le modèle à imiter. Nous l’avons chaque jour sous nos yeux en Christ. La grâce dont nous sommes capables envers les autres procède d’une seule source : de celle reçue par Dieu et incarnée en Christ. Cette grâce n’est pas pour nous quelque chose d’inaccoutumé. Chaque jour, à chaque moment, nous faisons l’expérience, comme le dit le psalmiste, que Dieu ne nous traite pas selon nos péchés, qu’il ne nous rétribue pas selon nos iniquités, mais qu’Il nous pardonne généreusement nos fautes (Psaume 103,10). Aussi parait-il inconcevable à notre Seigneur que, objets d’une telle miséricorde, nous ne soyons pas en mesure de remettre à notre frère sa faute quand l’occasion s’y présente (Matthieu 6,14-15 ; 18,23 à 35).

L’amour dont Dieu a fait preuve pour nous en Christ n’a pas pour unique fonction de nous réconcilier avec Lui. Il est, selon les paroles de Paul et de Jésus, la matrice à partir de laquelle doit désormais se façonner notre comportement envers les autres. Seul l’amour à la fragrance d’un parfum de bonne odeur pour Dieu. Il nous est possible, dira Paul, de faire beaucoup de bien et d’aller, dans un esprit de sacrifice, jusqu’au don de notre vie. Mais si l’amour n’en est pas la cause, tout ceci ne compte finalement pas et n’a pas de prix (1 Corinthiens 13,3). A ceci, dit Jean, nous connaissons l’amour : c’est que Lui s’est défait de sa vie pour nous. Puis il ajoute, en guise de suite logique : nous aussi, nous devons nous défaire de notre vie pour nos frères (1 Jean 3,16).  L’amour est le don absolu de soi, une offrande faite sans réserve de sa personne avec comme seule motivation le bien d’autrui. Tel celui de Dieu, l’amour authentique ne regarde pas au mérite de celui vers qui il est dirigé. Il n’est pas une gratification offerte à celui qui nous est agréable. Il est l’expression de la grâce. Que Dieu, par cette grâce, travaille nos cœurs de manière en ce qu’en nous voyant aimer, ceux qui ne la connaissent pas encore la découvrent !

V 3 à 5 : pas d’inconduite ni d’idolâtrie

Si, dans le comportement chrétien, certaines choses doivent être rejetées ou abandonnées, d’autres, dit Paul, ne devraient jamais se trouver. Elles sont, à ses yeux, si antinomiques à la vérité chrétienne et à la sainteté que leur seule présence dans l’Eglise porte un discrédit total au témoignage de Christ. Dans cet ordre de choses, Paul cible trois péchés spécifiques :

1.       Les péchés d’ordre sexuel.

Le préjudice qu’occasionne ce type de péché est immense, pour la personne qui le commet en premier lieu, puis pour l’Eglise. Quelque autre péché qu’un homme commette, dit Paul, celui d’ordre sexuel a, par sa nature, des incidences plus graves. Car, tandis que les autres péchés se passent hors du corps, qui pratique l’impudicité pèche contre son propre corps (1 Corinthiens 6,18). La sexualité, en effet, n’est pas un domaine de la vie égale aux autres. Elle est le domaine de l’intimité, de l’unité et de la communion entre les êtres le plus abouti. Qui s’unit sur le plan sexuel à une personne ne forme qu’un seul être avec elle, que ce soit sa femme ou une prostituée (Genèse 2,24 ; 1 Corinthiens 6,16). Aussi toute relation sexuelle hors mariage porte-t-elle atteinte à ce qu’il y a de plus profond et sacré dans la volonté créatrice de Dieu pour l’humanité. Tolérer la pratique de l’impudicité dans le corps de Christ (adultère, inceste ou pratique contre nature), est, aux yeux de Paul, si inacceptable que cala ne peut qu’entraîner le jugement le plus sévère qui soit (1 Corinthiens 5,1 à 5).

Si grave que soit l’inconduite sexuelle, elle ne se produit pas sans raison. Toujours, elle est le fruit d’une tolérance coupable de pensées et de désirs impurs. Aussi Paul appelle-t-il ses lecteurs à combattre le mal à la racine. Outre l’impudicité dans les actes, ce sont toutes les formes d’impureté que le chrétien, devenu homme nouveau, doit bannir de sa vie. Job, dans la défense de sa propre justice, témoigne qu’il avait fait un pacte avec ses yeux au point de refuser de porter ses regards sur une vierge (Job 31,1). Le patriarche avait compris ce que Jésus enseignera plus tard à Ses disciples. La racine de l’adultère se trouve dans la convoitise des yeux (Matthieu 5,27), ce que confirme le processus qui conduira le roi David à sa faute avec la femme d’un autre (2 Samuel 11,2). Le risque de l’inconduite sexuelle peut être prévenu. Il exige de la part de tous un comportement sain et approprié envers les personnes de l’autre sexe. C’est ce à quoi Paul appelle Timothée, son jeune collaborateur. Il ne lui dit pas, dans l’exercice de son ministère, de fuir les jeunes femmes qui sont dans son entourage, mais de s’adresser à elles en toute pureté. Ni la familiarité, ni une proximité trop grande ne sont permises. Les dégâts occasionnés par l’inconduite sont trop dommageables pour que la prudence ne soit de mise.

2.       Les propos vulgaires, choquants

Toujours dans la catégorie des péchés de la langue, Paul stigmatise ici les propos vulgaires et choquants. Les paroles qui sortent de la bouche des hommes ne sont pas anodines. Elles sont le reflet de ce qui habite dans leurs cœurs. « L’homme bon, dira Jésus, tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor ; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle (Luc 6,45). » S’il y a un domaine dans lequel doit être attentif le chrétien dans ce qu’il exprime, c’est bien celui de la parole. Le trait d’humour n’est certes pas interdit. Mais ce que devrait produire la grâce, c’est surtout l’action de grâces, c’est-à-dire l’expression de notre vive reconnaissance envers Dieu. Nous n’avons peut-être pas tous les jours l’occasion de témoigner de notre foi aux autres. Sachons cependant que ce que les autres entendent de nous en dit plus que ce que nous pensons sur ce qui nous habite.

3.       L’avidité ou la cupidité
Ce péché n’est pas des moindres. Preuve en est par le fait que Paul l’identifie à l’idolâtrie. Or, qui est idolâtre si ce n’est celui qui porte à une personne ou à une chose une affection qui ne doit revenir qu’à Dieu ? Telle est la difficulté que pose un attachement trop fort aux biens ou à l’argent. Invariablement, celui-ci ne se contente jamais dans le cœur d’une place secondaire. C’est la première qu’il veut. Qui aime l’argent en devient inévitablement l’esclave. Or, dit Jésus, « personne ne peut être l’esclave de deux maîtres ; en effet, ou bien on détestera l’un et on aimera l’autre, ou bien on s’attachera à l’un et on méprisera l’autre. Vous ne pouvez être esclaves de Dieu et de Mamon (Matthieu 6,24). » L’amour de l’argent, prévient ailleurs Paul, est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments (1 Timothée 6,10). La cupidité dans le cœur du chrétien est un non-sens et une grossière erreur de placement. Car, qu’on le veuille ou non, tout ce que nous avons ici-bas nous sera un jour ôté. « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, dit avec raison Job, et nu j’y retournerai (Job 1,21). » Les chemises des morts n’ont pas de poches, dit un proverbe suisse. Puisqu’il en est ainsi, pauvres ou riches, gardons-nous de mettre notre espérance dans des richesses incertaines (1 Timothée 6,17). Le monde a besoin de voir en nous des personnes qui attendent des choses meilleures que celles que la terre peut leur donner. Contentons-nous donc de ce que nous avons, car Dieu Lui-même l’a promis : jamais Il ne nous délaissera ni ne nous abandonnera (cf 1 Timothée 6,6 ; Hébreux 13,5).

Qui sont les héritiers du royaume de Dieu ? Tous ceux qui, dès maintenant, répond Paul, vivent de Christ et témoignent par leur conduite qu’ils sont enfants de Dieu, imitateurs de leur Père. Le royaume auquel chacun appartient n’est pas à venir. Il est déjà présent. La conduite de chacun en est un indice probant. « On ne cueille pas, disait Jésus à l’adresse des faux prophètes, des raisins sur des épines ou des figues sur des chardons. Tout bon arbre produit de beaux fruits, tandis que l’arbre malade produit de mauvais fruits (Matthieu 7,16-17). » Que par notre conduite, chacun soit amené à reconnaître que nous ne sommes plus fils des ténèbres, mais fils de la lumière !

V 6 à 14 : enfants de lumière

Au-delà du témoignage que le chrétien est appelé à rendre à Christ par sa conduite, il est vital que celui-ci comprenne l’enjeu spirituel qui en est la cause. Deux royaumes coexistent ici-bas et se partagent l’humanité : le royaume des ténèbres et celui de la lumière. Autrefois, sans Christ, nous faisions partie du premier. Dominés par l’esprit de rébellion qui y règne, nous nous conduisions selon les désirs de notre chair et de nos pensées (Ephésiens 2,1 à 3). Tel n’est plus notre cas aujourd’hui. En Christ, nous sommes devenus des enfants de lumière. Notre vie est désormais appelée à refléter les valeurs du royaume nouveau auquel nous appartenons.

Parce que nous sommes passés du royaume des ténèbres à celui de la lumière, des ruptures claires doivent se produire dans nos vies. Le monde, par ses discours creux, ne manquera pas de tenter de nous ramener à sa raison. Il plaidera auprès de nous en faveur d’une coexistence pacifique, dénuée de tout radicalisme. Paul nous invite à ne pas l’écouter. Aucun compromis entre l’Esprit de Christ et celui du monde n’est possible. Même si elle passe pour de l’extrémisme, notre allégeance doit se porter au Christ et à la lumière seuls. Hors de ce cadre, tout ce qui se vit porte la marque de la rébellion et est sujet à la colère de Dieu. Il n’y a pour le chrétien aucune hésitation à avoir. Le souci de vivre devant Dieu dans la lumière, avec la force que lui donne l’Esprit, doit seul le préoccuper.

Une nette distinction sépare ce qui procède du royaume des ténèbres de celui de la lumière. Tel le produit de la sève dans un arbre, celui de la lumière dans le cœur du croyant est un fruit. Ce fruit, dit Paul, consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Ce qui distingue d’abord le croyant de l’incroyant ne se situe pas au niveau de ses actes, mais de son caractère et de ses dispositions. L’œuvre de Dieu dans sa vie poursuit un but : l’amener dans son être à une ressemblance toujours plus précise avec le Christ (Romains 8,29). Témoin de la grâce, le croyant ne peut plus se permettre d’être dur, rancunier. Il n’a plus d’ennemi dans ce monde, si ce n’est le péché qui est en lui. Humble, il est prêt, à cause de Christ, à servir et passer au-dessus de l’offense pour offrir le pardon à qui le blesse ou s’oppose à lui. Serviteur de la justice, le croyant n’acceptera pas de se laisser corrompre pour ses propres intérêts. Il sait que sa crédibilité de témoins de Jésus repose sur sa droiture. Nulle question pour lui de donner l’occasion aux ennemis de Dieu de moquer Son nom pour ses inconséquences. Ami de la vérité, le croyant, refusera tout ce qui pourrait s’apparenter dans sa vie au mensonge. Il veillera donc, comme l’apôtre l’a dit précédemment, à toujours parler avec vérité à son prochain (Ephésiens 4,25), quitte à déplaire et se faire des ennemis.

Au contraire du croyant, l’incroyant hait la lumière et la fuit. Il n’a en effet qu’une peur : que ce qu’il fait dans le plus grand secret soit, à sa plus grande honte, dévoilé (cf Jean 3,20). Parce qu’il n’a rien à cacher, le croyant n’a en rien à s’associer avec ce qui relève des œuvres de la nuit. Fils de la lumière, il est enfant du jour, dit Paul ailleurs (1 Thessaloniciens 5,4 à 8). Pour se préserver du mal, il lui faudra, non seulement s’en distancer, mais aussi ne pas hésiter à le dénoncer. Parce qu’il est dans un monde trompeur, le chrétien doit veiller à ne pas dormir. Il doit être à chaque instant éveillé, sur ses gardes, sachant, comme Jésus l’a dit, que l’esprit est bien disposé mais que, souvent, la chair est faible (Marc 14,38). Oui, levons-nous ! Nous ne sommes plus du monde des morts ! Le Christ nous a ressuscités avec Lui ! Vivons de Sa lumière ! Il saura en tout temps nous guider et nous éclairer pour vivre dans Ses voies !

V 15 à 20 : exhortation à la sagesse

Après la vérité (Ephésiens 4,21 et 25), l’amour (Ephésiens 5,1) et la lumière (Ephésiens 5,8) c’est à la sagesse que l’apôtre appelle ses destinataires. Qui n’est pas de la vérité est obligatoirement du mensonge (Ephésiens 4,25). Qui ne pratique pas l’amour qui se donne, à l’exemple de Dieu et du Christ, bascule inévitablement dans l’amour de soi qui se traduit par la recherche du plaisir et du profit (Ephésiens 5,3 à 5). Qui rejette la lumière se condamne à vivre dans les ténèbres avec toutes les œuvres mauvaises qui en découlent (Ephésiens 5,11 et 12). Qui ne se conduit pas avec sagesse se comporte comme un insensé (Ephésiens 5,15). Or, pour l’insensé, Dieu n’existe pas (Psaume 14,1). Il peut donc vivre sa vie comme il l’entend, n’ayant jamais à en rendre compte à un juge. A contrario, le principe qui est à la base de la sagesse, dit l’Ecriture, est la crainte de Dieu (Psaume 111,10 ; Proverbes 9,10). Cette crainte, malgré la relation filiale que le chrétien entretient avec Dieu, n’a pas disparu. Faite de respect, d’humilité et de révérence à Son égard, elle est appelée à conditionner notre façon d’être et de vivre ici-bas devant Dieu, face aux autres et à nous-mêmes (2 Corinthiens 5,11 ; 7,1 ; Ephésiens 5,21 ; Colossiens 3,22 ; Hébreux 12,28 ; 1 Pierre 1,17).

Connaissant la crainte de Dieu, le chrétien n’est pas libre d’utiliser son temps comme il le veut. S’il doit d’abord travailler à assumer ses responsabilités familiales et sociales, il doit aussi se souvenir que le temps qui lui est fixé est court. Il lui faut donc racheter ce temps, c’est-à-dire essayer de le faire fructifier au mieux en vue de sa destinée éternelle. Cet impératif est d’autant plus vrai que l’enfant de Dieu n’évolue pas ici-bas dans un environnement favorable. Du jour au lendemain, à l’époque de Paul, chaque chrétien pouvait être privé de ses droits et de sa liberté pour se retrouver des mois durant en prison. Il y avait donc urgence, lorsqu’on en avait la possibilité, de se nourrir et de se fortifier dans le Seigneur. Racheter le temps, se conduire comme un sage, c’est aussi pour l’enfant de Dieu ne pas vivre selon ses propres désirs ou pensées, mais chercher à comprendre la volonté de Dieu. Outre nos propres projets pour la vie, il existe de la part de Dieu un dessein éternel précis dans lequel Il désire nous faire entrer. C’est la connaissance de celui-ci qui doit avoir préséance, dans la vie de l’enfant de Dieu, sur ses priorités.

Se comporter comme un sage, c’est encore, dit Paul, refuser toute ivresse qui pourrait nous amener à perdre le contrôle de nous-mêmes. Il y a une plénitude interdite à l’enfant de Dieu et une autre qui lui est recommandée. La première est celle que procure l’excès de vin. La loquacité du livre des proverbes sur le sujet nous en fournit les multiples raisons (Proverbes 20,1 ; 23, 20-21.29 à 35). La seconde est celle de l’Esprit. Elle se traduit par le fait que notre être entier, dans toutes ses facultés, est habité par la conscience de Sa présence et de Sa communion. La parallèle établi par Paul entre les deux plénitudes n’est pas fortuit (cf Actes 2,4 et 13). Comme l’excès de vin influe sur la conduite de l’ivrogne, la plénitude de l’Esprit dynamise le comportement de l’enfant de Dieu, lui communiquant une audace et un courage qu’il n’aurait pas sans elle (Actes 4,31). De même que l’ivresse est souvent joyeuse et s’exprime par le désir de chanter (Esaïe 24,9), la plénitude de l’Esprit remplit la communauté d’une joie qui se traduit par des chants et des hymnes spirituels à la gloire du Seigneur. Que Dieu fasse de chaque communauté une société d’hommes sages marqués par la crainte de Dieu, le souci de faire Sa volonté, la joie de Sa plénitude et la reconnaissance pour tous Ses bienfaits en Jésus-Christ.

V 21 à 33 : maris et femmes

Outre son caractère personnel, le comportement du chrétien comprend une dimension familiale et sociale dans laquelle la connaissance de Christ est appelée à être déterminante. Qui que nous soyons, parce que Christ est la Tête du corps qu’est l’Eglise, il nous faut apprendre à vivre selon le principe de soumission qui le régit. « Chaque fois qu’un certain nombre d’ouvriers du Seigneur se rassemblent, dit Watchman Nee, un certain ordre spirituel se met aussitôt en place. L’ouvrier du Seigneur doit savoir qui est au-dessus de lui. Certains n’obéissent pas aux autorités, parce qu’ils en ignorent jusqu’à leur existence. Nous ne devons pas tant nous soucier de ce qui est bien ou mal, bon ou mauvais, mais plutôt de l’autorité qui est placée au-dessus de nous. Une fois que nous avons pris connaissance des personnes auxquelles nous devons être soumis, nous trouvons facilement notre place dans le corps.[1]» Le principe de soumission auquel Dieu appelle chacun est inséparable de la notion d’autorité que Dieu délègue. Cette vérité, qui s’applique à tous les niveaux de la vie sociale du chrétien (dans l’Eglise comme dans le monde), trouve sa première pratique dans la relation conjugale.

Dans le couple, c’est par la soumission à son mari que l’épouse témoigne le mieux de sa soumission à Dieu. Cette soumission n’est en aucun cas de la servilité. Elle est la reconnaissance pour l’épouse du rôle particulier de chef de famille que Dieu a donné à son époux. La position de l’épouse par rapport au mari, dit Paul, est la même que celle de l’Eglise par rapport à Christ. Si l’Eglise est soumise au Christ, ce n’est ni par obligation, ni par contrainte, mais à la fois par bon sens et par amour. Ce n’est pas avec déplaisir que l’Eglise prend sa place de seconde par rapport à Christ, mais avec joie. Si elle a une mission dans ce monde, elle le sait, c’est qu’à travers elle le nom de Christ soit connu et honoré dans ce monde. Telle est aussi, dans la société, l’objectif que devrait poursuivre toute épouse chrétienne à l’égard de son mari (Proverbes 31,11 et 23).

Si la mission première de la femme chrétienne est d’être soumise à son mari, celle du mari, dit Paul, est d’aimer sa femme comme le Christ a aimé L’Eglise. Qui comprend la portée de l’analogie saisit aussi à quel point la responsabilité du mari dans le bonheur de la vie conjugale est centrale. Aussi Paul n’hésite-t-il pas à consacrer à cette pensée un développement plus grand que celui qui touche au rôle de l’épouse. Que vise le Christ pour l’Eglise ? Quel prix personnel a-t-Il été prêt à payer pour que l’objectif ciblé soit atteint ? La réponse à ces deux questions suffit à donner à chaque mari chrétien une idée de la hauteur et de la noblesse de la mission qui est la sienne auprès de son épouse. Le Christ, dit Paul, a aimé l’Eglise au point de se livrer Lui-même pour elle. Dans Son amour pour elle, Il n’a pas estimé que Sa vie propre, Sa béatitude soient trop précieuses pour être conservées. Au contraire, Il a renoncé à tout et sacrifié tout ce qui était Sien pour que, revêtue de dignité, elle paraisse habillée d’une gloire sans pareille. En donnant Sa vie pour l’Eglise, le Christ a manifesté la mesure d’amour qui était la Sienne pour elle. Le Christ a aimé l’Eglise comme Lui-même. Il a agi envers elle comme si elle était son alter ego, une partie de Lui-même. C’est de cet amour, dit Paul, que les maris doivent aimer leurs épouses.

Comme il en est toujours de l’amour, celui du Christ pour l’Eglise s’est démontré par des actes significatifs. Au jour où le Christ a connu l’Eglise, celle-ci n’avait rien de la beauté parfaite qui sera la sienne le jour des noces de l’Agneau (Apocalypse 19,7-8). Aussi le Christ se chargera-t-Il de ses souillures et la lavera-t-il par la Parole (Jean 15,3) et le bain de la nouvelle naissance (Tite 3,5). Comme un époux aimant et responsable, le Christ, de même, ne laisse pas l’Eglise dans le monde livrée à elle-même. Au contraire, Il la nourrit et en prend soin, la reconnaissant comme une partie de Lui-même. Le lien qui unit le Christ avec l’Eglise, assure Paul, est de même nature que celui qui unit mari et femme dans le mariage. L’Eglise et le Christ ne forment plus deux réalités séparées, mais, désormais, une seule entité, comme c’est le cas du couple humain. Pour s’unir à l’Eglise, le Christ a dû quitter la maison de Son Père et venir jusqu’à elle. Si une telle démarche est compréhensible pour le mariage humain, il y a là, dit Paul, au sujet du Christ un mystère profond. Car c’est de toute éternité que la Divinité, Père, Fils et Saint-Esprit était une, indivisible, inséparable. Comprenons ici combien l’amour du Christ pour l’Eglise est grand !

Quel résumé faire de l’enseignement donné ici par Paul au sujet du témoignage que le couple chrétien est appelé à rendre à son Seigneur dans le monde ? Paul le donne dans le dernier verset de son chapitre : que chaque mari aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari !



[1] Watchman Nee : l’autorité spirituelle : Editions Vida

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