lundi 20 février 2017

EPHESIENS 6

V 1 à 4 : enfants et parents

Toujours dans le cadre familial, Paul s’adresse aux enfants puis aux pères. Si les premiers n’ont pas la maturité des adultes, l’apôtre n’estime pas qu’ils soient dans l’incapacité de contribuer au témoignage collectif rendu à Christ par l’Eglise. Au contraire ! Comme il en est de la loi qui, dans sa 2ème table, s’adresse en priorité aux enfants, c’est aussi à eux dans l’Eglise qu’il revient en premier d’apprendre l’obéissance. Le cadre parental est le lieu voulu par Dieu dans ce but. Une promesse, rappelle Paul, est assortie dans la loi au respect et à l’honneur que l’enfant rend à ses parents. Elle est celle d’une vie future marquée par le bonheur et la longévité. Voulons-nous que nos enfants entrent dans la vie d’adulte avec les meilleurs atouts ? Apprenons-leur, avec l’aide de Dieu, les bienfaits de l’apprentissage de l’obéissance et du respect. C’est là le meilleur héritage que nous puissions leur laisser.

Si l’enfant doit apprendre à obéir, il revient aux pères de les éduquer de telle manière que cette école ne soit pour eux en aucune manière source de rancœur. Comme il en est de sa relation avec sa femme, c’est dans l’amour que la correction du père s’exerce envers ses fils et ses filles. La correction n’équivaut pas à la punition. Si celle-ci n’est pas exclue, elle ne devrait jamais s’exercer sans avertissement et instruction. L’enfant ne doit pas simplement être corrigé ou puni. Il doit connaître les raisons qui lui valent le châtiment, comme il en est de la part de Dieu à notre égard (Hébreux 12,5 à 11). L’enfant doit aussi savoir que la correction appliquée, le père n’y reviendra pas. C’est dans une atmosphère de grâce et de pardon que se fait l’éducation, non dans un climat de crainte et de colère. Là aussi, que ce soit la connaissance de Dieu en Christ qui guide et inspire le comportement des enfants et des parents les uns à l’égard des autres.

V 5 à 9 : esclaves et maîtres

Si le statut des chrétiens est le même pour chacun devant Dieu (Ephésiens 2,8), il n’en est pas ainsi sur le plan social. Dans la communauté chrétienne, certains étaient des esclaves, d’autres des maîtres. C’est à ces deux catégories que Paul s’adresse maintenant. En opposition à la logique humaine moderne, le message que l’apôtre livre aux esclaves chrétiens n’a rien d’un appel à une lutte pour retrouver l’autonomie. Ailleurs, Paul dira que, si l’esclave en a la possibilité, il la saisisse (1 Corinthiens 7,21). Mais, pour l’heure, telle ne doit pas être sa préoccupation. Comme il en est du père ou du mari chrétien, l’esclave chrétien est d’abord appelé à se distinguer des autres par ses attitudes et son comportement. S’il est au service d’un homme sur le plan social, il l’est de Christ sur le plan moral et spirituel. Cette réalité doit être, aux yeux de son maître et des autres esclaves, la marque de son témoignage. Désireux de plaire à son vrai Chef, l’esclave chrétien veillera à ne pas se comporter comme il se doit seulement lorsque son maître humain le voit. Au contraire, il travaillera en tout temps à satisfaire dans son service les exigences du Christ. C’est de lui, en effet, qu’au terme de sa vie, il recevra son salaire. L’atout de l’esclave chrétien sur ceux qui, sans Christ, partagent la même condition, est dans sa motivation. Habité par des considérations d’une hauteur supérieure à la terre, il se trouve libre de tout ce qui, ici-bas, pourrait susciter en lui colère, rancœur ou amertume. L’esclave chrétien, dit Paul, est un affranchi du Christ (1 Corinthiens 7,22). Plutôt que de chercher à s’en libérer, qu’il mette à profit sa condition pour faire briller aux yeux de tous la joie que lui procure la liberté qu’il a trouvée en Lui.

Le message de Paul pour les maîtres chrétiens va dans le même sens que celui qu’il adresse aux esclaves. Le maître chrétien doit se distinguer des autres par sa manière d’être différente. Bien qu’il soit chef sur le plan humain, il sait qu’il y en un autre au ciel auquel il devra lui aussi rendre compte pour ses actes. L’apôtre appelle le maître chrétien à faire preuve d’humanité envers ses esclaves. A cause de Christ, il doit s’abstenir de toute menace, violence verbale ou intimidation. Certes, il reste celui qui dirige et exerce l’autorité. Mais il veillera à le faire d’une manière qui soit irréprochable sur le plan de la conscience et des méthodes. Le maître chrétien doit le savoir : si sur la terre il occupe un statut élevé, devant Dieu il n’en est rien. Notre Dieu est un Dieu qui ne fait aucune différence entre les hommes. Il juge chacun sans favoritisme, ni acception de personnes (Deutéronome 10,17 ; Romains 2,11 ; Galates 2,6 ; Colossiens 3,25 ; 1 Pierre 1,17).

V 10 à 20 : le combat spirituel

Après nous avoir dit tout ce que nous avons en Christ pour vivre le projet de Dieu qu’est l’Eglise, et de quelle manière marcher dans la vie pour être Ses témoins, Paul conclut sa lettre en abordant le dernier thème qui lui tient à cœur : celui du combat spirituel. Chaque enfant de Dieu a en effet à faire face à trois réalités tout au long de sa vie chrétienne. En premier, il a besoin de connaître, savoir et saisir tout ce qu’il a en Christ. C’est là le fondement à partir duquel il va vivre sa vie chrétienne. A partir de la nouvelle identité qui le caractérise, il a ensuite à apprendre à marcher avec Christ dans la vie nouvelle reçue. C’est là ce qui fera son témoignage dans la société. Il doit enfin être conscient que ce qui s’oppose à lui dans sa marche avec Dieu n’est pas du ressort de l’homme, mais de puissances spirituelles hostiles contre lesquelles les ressources humaines sont sans effet. Il lui faut donc être équipé et armé s’il veut vivre au quotidien dans la victoire. Pour n’en avoir pas assez conscience, nombre d’enfants de Dieu baissent les bras, sombrent dans le découragement et connaissent défaites sur défaites.

Que nous faut-il pour mener à bien le combat spirituel dans lequel tous, en tant qu’enfants de Dieu, nous sommes engagés ?

1.       Puiser dans la force et les ressources de Dieu

Comme il était impensable d’affronter un gladiateur romain avec une épée en bois, nous devons être conscients que nos moyens humains sont inadaptés pour combattre l’ennemi de nos âmes sur le plan spirituel. Il nous faut nous rendre à l’arsenal divin pour y trouver les armes appropriées au défi qui se présente à nous. C’est dans la dépendance totale de Dieu que se livre le combat auquel nous avons à faire. Paul l’a déjà écrit ailleurs : « les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas celles de la chair ; cependant, elles ont le pouvoir, du fait de Dieu, de démolir des forteresses (2 Corinthiens 10,4). » Dans le combat spirituel, rien de ce qui se trouve en nous, pensée, sentiment, raisonnement, volonté même, ne suffisent à nous procurer la victoire. Il nous faut absolument, impérativement nous tenir sur un autre terrain que celui de la force humaine, sans quoi notre défaite est assurée.

2.       Etre conscient de la réalité de l’ennemi

La première ruse de l’ennemi du chrétien est de tout faire pour que celui-ci n’ait pas conscience de son influence sur sa vie. Le chrétien vit-il dans un environnement hostile à sa foi ? Il en attribuera la cause aux personnes mal disposées à l’égard de l’Evangile qui l’entourent. A ne trop voir qu’elles, il finira par s’en désintéresser et ne plus avoir l’ambition de les gagner à Christ. Le chrétien est-il sujet à des tentations récurrentes ? Il sait que dans la prière modèle que Jésus a donné à Ses disciples, Celui-ci les invite à prier le Père qu’ils soient délivrés du malin. Oublieux de ce point, il va réagir par ses propres forces, répétant indéfiniment le schéma de la première chute relatée dans la Bible. Le chrétien se sent-il accusé, découragé par ses propres faiblesses ? Il se laissera aller à la pitié de lui-même, ressassant sans cesse les mêmes pensées négatives à son sujet, au lieu de se saisir de la grâce abondante qu’il a en Christ pour se relever. Gardons présent à l’esprit que nous sommes dans une guerre spirituelle. Notre ennemi n’est pas fait de chair et de sang. Il est le prince de la puissance de l’air, l’esprit de rébellion contre Dieu (Ephésiens 2,2), entouré d’une myriade d’esprits mauvais à son service. Perdre de vue cette réalité, c’est inévitablement passer à côté de la cause essentielle de nos luttes.

3.       Tenir bon

En Christ, nous ne combattons pas pour être victorieux, mais pour demeurer dans la victoire qu’Il nous a acquis. Le diable le sait : il n’a sur nous que le pouvoir que nous voulons bien lui laisser. Le combat spirituel que nous livrons ne consiste pas à vaincre l’adversaire. Cela, c’est le Christ qui l’a fait pour nous. Il consiste plutôt à tenir ferme dans la position dans laquelle, par Sa grâce, le Christ nous a établis. Il y a dans le monde chrétien de multiples faux enseignements qui circulent sur la façon de mener le bon combat de la foi. Ils partent tous d’un même point de départ : l’idée selon laquelle c’est aux enfants de Dieu de vaincre le diable et ses acolytes. L’enseignement de Paul ne va pas dans ce sens. Il nous appelle plutôt à résister et à tenir bon pour ne pas déchoir de la position victorieuse que le Christ nous a acquise, qu’à partir à l’assaut des puissances spirituelles mauvaises pour les vaincre.

4.       Nous équiper des sept armes de Dieu pour tenir ferme

La première citée par Paul est la ceinture de la vérité, ceinture appelée à enserrer les reins. L’expression apparaît de nombreuses fois dans l’Ecriture, de manière réelle (Exode 12,11 ; 1 Rois 2,5 ; 18,46) ou figurative (Job 38,3 ; 40,7 ; Proverbes 31,17 ; Esaïe 11,5). Parfois traduits par cœur ou entrailles, les reins représentent dans l’Ecriture le siège des désirs ou de l’entendement (1 Pierre 1,13). Toutes sortes de pensées ou de désirs peuvent jaillir du cœur et de l’esprit du chrétien. S’il ne veut pas que les puissances diaboliques s’en emparent pour le faire chuter, le chrétien veillera à les passer au crible de la vérité. Tout soldat qui partait au combat le savait. Le rôle de la ceinture dans son équipement était primordial. Sans elle, il n’y avait ni aisance, ni cohésion entre les autres partie de l’armure. La ceinture de la vérité dans la vie du chrétien n’a pas comme objet de l’encombrer, mais de lui faciliter la marche. Il peut nous sembler ardu dans la vie quotidienne de devoir soumettre nos désirs et nos pensées à la vérité. Mais nous ferons l’expérience que plus tôt, nous le faisons, moins de difficultés nous aurons pour l’avenir. C’est à la ceinture de la vérité que le diable s’est attaqué en premier chez Eve, en la faisant douter de la véracité de ce que Dieu a dit (Genèse 3,1). Aussi jugea-t-elle de la réalité des choses avec sa raison et sur la base de ses impressions. Elle commit ici une erreur fatale. La ceinture de la vérité assure sa mission dans notre vie aussi longtemps que la Parole de Dieu garde son autorité sur nos désirs et notre entendement. Apprenons comme Jésus à nous tenir, face à notre adversaire, sur le terrain de ce que Dieu dit. Face à notre fermeté, il finira par lâcher prise.

La seconde arme mise à notre disposition est la cuirasse de la justice (ou de la droiture). C’est la partie la plus importante de l’armure de l’enfant de Dieu, celle qui lui assure la plus forte protection. Pour ne pas en être couvert, Judas, qui avait un cœur fourbe, finit par trahir son Maître pour trente pièces d’argent. A l’inverse, Joseph, le fils de Jacob, parce qu’il en était revêtu, sut résister à la tentation facile qui se présentait à lui. La droiture de cœur ne nous est pas innée. Elle est le fruit, dans la vie des enfants de Dieu, de la crainte de Dieu (Proverbes 1,3.7). La droiture de cœur est la condition d’une vie marquée par la sagesse, le portail d’entrée de toutes les routes qui mènent au bonheur (Proverbes 2,7 à 9). Dans ce monde dominé par l’esprit du mal et du mensonge, seul le chrétien armé de la cuirasse de la justice a la capacité, quoi qu’il lui en coûte, de rester intègre dans toutes ses voies.

Le troisième élément de l’équipement du chrétien dans le combat qui l’oppose aux forces spirituelles qui lui sont hostiles, consiste dans les chaussures qu’il enfile. Tout soldat qui a dû participer à des manœuvres militaires sait l’importance qu’a le fait d’être équipé avec de bonnes chaussures pour être à l’aise dans ses mouvements. Le zèle que procure l’enthousiasme qu’a l’enfant de Dieu pour l’Evangile représente les chaussures dont il a besoin. Alors que les soldats de ce monde sont engagés dans des guerres meurtrières,  la cause que sert le chrétien, rappelle Paul, est celle de la paix. Le chrétien est ici-bas en service commandé. A la suite de Christ, son chef, et sous Ses directives, il est envoyé en mission dans le monde en vue de réconcilier les pécheurs avec Dieu et entre eux. A cause de la noblesse de celle-ci, il est juste d’attendre de sa part une motivation qui surpasse tout autre service qui pourrait être demandé aux hommes. Aussi la question se pose : suis-je dans ma vie de tous les jours chaussé du zèle, de la passion de l’Evangile ? Nos défaites spirituelles ne viennent-elles pas d’un cœur qui ne brûle plus pour Dieu ? Seule la passion pour Christ peut nous garder de la passion que voudrait allumer le feu du péché, de la convoitise ou de la vanité dans nos cœurs !

Le quatrième élément de l’armure par laquelle Dieu équipe le chrétien est le bouclier de la foi. Le rôle du bouclier dans l’équipement des soldats du passé était uniquement défensif. Le bouclier du soldat romain était recouvert de cuir. Trempé dans l’eau, il avait la propriété d’éteindre les flèches tirées contre lui par l’ennemi. Dans le combat qui nous oppose aux puissances mauvaises, nous devons nous attendre nous aussi à être la cible de tels traits. Satan est à la fois le tentateur et l’accusateur. Suivant l’état de notre cœur, il sait, dans son arsenal, exactement à quelle sollicitation nous serons le plus sensible. « Satan ne tentera jamais à l’encontre des inclinations naturelles du caractère… Il tente l’homme ambitieux par une couronne, et l’homme sensuel par la beauté… Il peut empoisonner l’imagination, et suggérer de mauvaises pensées à l’esprit… Il peut exciter et agiter la corruption au-dedans de l’homme, et agir de telle sorte que le cœur cède à la tentation.[1] » Il nous faut, pour faire face aux traits enflammés du malin, utiliser la même arme qu’utilisa Jésus face à Satan dans le désert : la foi en l’autorité de la Parole de Dieu. Toute discussion avec Satan sur un autre terrain que celui-ci ne peut aboutir qu’à un seul résultat : notre chute. Eve en est la preuve éminente. Le Seigneur, sachant que son disciple Pierre allait être criblé par Satan, a prié pour que sa foi ne défaille pas (Luc 22,31-32). Le même apôtre, ayant appris de ses échecs, encouragera les chrétiens de son temps à résister au diable avec une foi ferme (1 Pierre 5,8-9). Il nous faut la même foi aujourd’hui pour être à l’abri de toute chute. Sans elle, entre notre adversaire et nous, nous sommes sans défense ni protection.

Le cinquième élément de l’armure décrite par Paul est le casque du salut. L’utilité unique du casque dans le combat est la protection de la tête. Or, à cause de son importance, celle-ci est une cible privilégiée. Blessé à une jambe, un soldat peut encore se battre et même vaincre. Mais une fois la tête touchée, il est pratiquement défait. La tête occupe une place primordiale dans le corps. Parce qu’elle est le siège de la pensée et de la volonté, elle se doit d’être particulièrement protégée. Le casque du salut représente l’espérance qui habite l’enfant de Dieu au plus profond de lui-même (1 Thessaloniciens 5,8). Face au doute, à l’accusation, à la dureté des épreuves qui peuvent l’assaillir, cette espérance du salut est vitale pour le chrétien. Alors que tout chancelle et peut prêter à caution, elle est souvent le dernier rempart qui le tient dans la foi. Les certitudes que procure l’espérance ont été le sujet des chants d’une multitude de chrétiens éprouvés dans les siècles passés Elles constituent par exemple le thème majeur des gospels composés par les esclaves noirs tout juste émancipés de leur servilité. Nous pouvons passer, en tant que chrétiens, par toutes sortes de détresses. Souvenons-nous que, malgré tout, aucune puissance n’a la capacité de nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ (Romains 8,38-39). Telle est l’espérance du salut qui doit couvrir toute pensée et toute réflexion dans nos vies !

La sixième arme qui nous est donnée par Dieu est l’épée de l’Esprit, la Parole de Dieu. Face à toutes les propositions du diable, la Parole de Dieu est une arme défensive et offensive d’une grande efficacité. C’est par la Parole de Dieu que Jésus, seul et affaibli dans le désert, fera fuir le tentateur. Une première fois, Il lui dira : Il est écrit, et il s’arrêtera net. Une seconde fois, Il répétera : Il est écrit, et l’ennemi reculera. Une troisième fois, Il réitérera : Il est écrit, et le diable se retirera (Luc 4,1 à 13). Aussi efficace soit-elle, la Parole de Dieu doit être maniée avec précaution. Car le diable sait aussi, lorsqu’elle peut servir ses intérêts, la citer aussi (Luc 4,10-11). La Parole de Dieu n’est pas d’abord l’arme du soldat. Elle est, précise Paul, l’épée de l’Esprit. L’expression n’est pas choisie au hasard. Elle implique que, si redoutable soit-elle, la Parole de Dieu n’a de pouvoir que maniée à bon escient, c’est-à-dire sous la conduite de l’Esprit. Dans le cas contraire, et la tentation au désert en est la preuve, elle ne sert pas celui qui l’utilise, mais finit par se retourner contre lui. Apprenons à écouter l’Esprit dans nos combats ! Il nous donnera en temps voulu la Parole dont nous avons besoin pour résister à l’ennemi et le faire fuir loin de nous !

La septième et dernière arme que Dieu donne au soldat chrétien est la prière. La prière n’est pas identifiée à une partie de l’armure, mais elle en fait bel et bien partie. Au temps de l’apôtre Paul, les moyens de communication entre les soldats et le commandement de l’armée étaient limités. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans les équipements modernes de nos soldats, la prière peut être assimilée à tous les outils qui, avec facilité, rendent possible ce contact permanent. Comme il en est de l’usage de la Parole dans le combat, ainsi en est-il de la prière. La prière que Dieu entend n’est pas d’abord une prière humaine. Elle est celle qu’inspire l’Esprit. Engagé avec lui dans la lutte spirituelle, l’Esprit fait monter du cœur du chrétien toutes sortes de prières et de supplications. S’il vise d’abord sa propre vie, l’objet de ces requêtes ne s’arrête pas à lui. Il englobe tous les besoins du peuple de Dieu et les combats auxquels, partout dans le monde, les proclamateurs de l’Evangile et les témoins du Christ ont à livrer. C’est pourquoi aussi Paul invite les destinataires de sa lettre à ne pas l’oublier, mais à intercéder pour lui, ambassadeur du Christ dans les chaînes. Certes, dans sa condition, l’apôtre aspire à la liberté. Mais tel n’est pas le premier de ses soucis. Ce qu’il demande à ses frères, c’est que ceux-ci prient pour que, au moment où l’occasion lui est donnée de témoigner de sa foi, il ait toute la liberté et l’assurance possibles pour le faire.

Que dire en conclusion de l’enseignement de Paul sur le combat dans lequel l’enfant de Dieu est engagé dans ce monde ? Trois points essentiels :

-          Le chrétien ne doit jamais oublier qu’au-delà de l’opposition humaine, les véritables ennemis auxquels il a à faire face sont de nature spirituelle.
-          Le chrétien doit se souvenir à chaque instant que toutes les ressources dont il a besoin pour sortir victorieux du combat ne sont pas en lui, mais dans le Seigneur. Le combat spirituel se gagne avec les armes spirituelles.
-          Le chrétien doit se rappeler que sa part essentielle dans le combat consiste à résister et tenir bon dans la position que le Christ lui a acquise par Sa mort et Sa résurrection. Le vainqueur du diable n’est pas le chrétien, mais le Christ. En Lui et avec Lui, il a aussi le pouvoir de le faire fuir.

V 21 à 23 : salutations finales

Sa lettre terminée, Paul charge Tychique, l’un de ses fidèles collaborateurs (Actes 20,4 ; Colossiens 4,7 ; 2 Timothée 4,12 ; Tite 3,12) de la transmettre à ses destinataires. Dans ce but, Paul n’hésite pas à faire l’éloge de son envoyé qu’il missionne auprès d’eux également pour leur communiquer de ses nouvelles. Parce que la lettre de Paul nous est parvenue et qu’elle a été incluse dans le Nouveau Testament, nous savons que Tychique s’est acquitté avec succès de sa mission. L’œuvre de Dieu est faite de grandes et de petites choses. Mais les petites ne sont pas de moindre valeur que les grandes. En veillant à accomplir son service avec conscience, Tychique a apporté, sans doute sans le savoir, une contribution essentielle à l’édification de l’Eglise de toutes les générations. Que Dieu, à son exemple, nous donne de faire avec fidélité toutes choses pour Lui.

Paul conclut son épître par des salutations d’usage. Sa prière est que Dieu le Père et Le Seigneur Jésus-Christ accordent paix, amour et foi à ses frères et que la grâce accompagne ceux qui L’aiment d’un amour inaltérable. C’est par ce que Dieu possède de plus précieux que les enfants de Dieu sont bénis. Que les trésors de Sa grâce nous soient aussi versés en abondance par Jésus-Christ, notre Seigneur !




[1] Consolations divines : Thomas Watson : Editions Grâce et vérité

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